La FAO met en garde contre de possibles invasions de criquet dues aux pluies torrentielles et cyclones

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Photo: Giampiero Dana/FAO

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a averti mercredi que les pluies torrentielles et les cyclones récents favoriseraient une recrudescence acridienne en Afrique du nord-ouest, dans la Corne de l’Afrique et au Yémen.

« Les pluies inhabituellement fortes et généralisées qui sont tombées récemment dans le nord-ouest de l’Afrique, la Corne de l’Afrique et au Yémen pourraient favoriser la reproduction des criquets pèlerins », a mis en garde la FAO dans un communiqué de presse, soulignant qu’une surveillance étroite est nécessaire au cours des six prochains mois pour empêcher les insectes de former des essaims destructeurs.

Si la situation acridienne dans les pays habituellement touchés par le criquet pèlerin est restée globalement calme en octobre, selon les experts de l’agence, cela pourrait changer, en partie en raison de l’impact d’El Nino en Afrique ainsi que des cyclones tropicaux Chapala et Megh dans la péninsule Arabique et la Corne de l’Afrique.

« Les événements météorologiques extrêmes, notamment les pluies torrentielles, peuvent déclencher une augmentation massive des populations acridiennes. La pluie offre aux criquets femelles un sol humide pour y pondre leurs œufs qui, à leur tour, ont besoin de cette humidité pour se développer. La pluie favorise aussi la croissance de la végétation qui offre aux criquets nourriture et abri », a déclaré le responsable de la FAO pour la prévision acridienne, Keith Cressman.

« Les effets d’une invasion de criquet pèlerin peuvent être dévastateurs pour les cultures et les pâturages et menacer ainsi la sécurité alimentaire et les moyens d’existence en milieu rural », a-t-il précisé.

Selon la FAO, après avoir pris leur envol, les essaims formés de dizaines de millions de criquets peuvent parcourir jusqu’à 150 km par jour. Les criquets femelles pondent 300 œufs durant leur cycle de vie et un criquet pèlerin adulte consomme à peu près son propre poids en végétation fraîche par jour, soit environ deux grammes. Un très petit essaim mange ainsi en une seule journée la même quantité de nourriture qu’environ 35.000 personnes.

(Propos d'Annie Monard, responsable à la FAO du groupe acridiens, ravageurs et maladies, recueillis par Tsigué Shiferaw)

 

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14/12/2017
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