Édition spéciale: la FAO appelle à inscrire l’agriculture au centre du débat climatique à la COP21

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Photo: FAO/Roger Bosch

A l'approche de la Conférence sur le climat à Paris et en raison d’un jour férié au Siège de l'ONU à New York, le Journal de la Radio des Nations Unies est consacrée ce jeudi à la sécurité alimentaire et au changement climatique.

Selon une récente étude menée par la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur le droit à l'alimentation, le changement climatique est une menace réelle et concrète pour la sécurité alimentaire qui menace de soumettre 600 millions de personnes de plus à la malnutrition d'ici 2080.

L’augmentation de la fréquence et de l'intensité des phénomènes météorologiques extrêmes, la hausse des températures et du niveau des mers, ainsi que les inondations et les sécheresses ont un effet négatif sur les cultures, l'élevage, la pêche, l'aquaculture, les forêts et sur les moyens de subsistance des gens.

Aussi, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) les zones les plus touchées par l'insécurité alimentaire sont les zones les plus impactées par le changement climatique.

C'est pourquoi la FAO souhaite au cours des débats de la COP21, à Paris, voir les États conclure un accord ambitieux capable de lutter contre le changement climatique tout en mettant la sécurité alimentaire et l’agriculture au centre des débats.

Si nous continuons sur la trajectoire actuelle il sera difficile d'assurer la sécurité alimentaire pour l'ensemble de la population d'ici la fin du siècle, souligne la FAO, précisant que même en limitant la hausse de la température de la planète à 2ºC, il sera difficile de continuer à produire de la nourriture dans beaucoup de régions.

A cet égard la FAO appelle à changer de paradigme pour la production alimentaire.

Progressivement le changement climatique change tout ce qui conditionne la production agricole, à l'instar de l'eau, les polinisateurs, et les maladies qui affectent les plantes et les animaux, explique la FAO.

« Le cycle de vie fleurs va évoluer différemment du cycle de vie des polinisateurs et il risque d'y avoir un moment où on aura plus de polinisateurs », précise Alexandre Maybeck, conseiller en matière d'agriculture et de protection du consommateur au sein de la FAO.

De la même manière une série de maladies animales et de plantes et de plantes envahissantes qui sont dépendantes du climat, sont en train d'être modifiées dans des régions ou l'on exerce l'agriculture.

Aussi, des espèces animales sont en train de migrer verse les pôles à des vitesses différentes.

Un ensemble de changements qui appelle à s'habituer à vivre dans un monde qui change à une plus grande vitesse, souligne la FAO.

Les agriculteurs auront donc besoin de plus d'appui technique afin de pouvoir s'adapter. L'Organisation appelle à la mise en place de systèmes de surveillance de maladies, des parasites, d'appui techniques pour les agriculteurs y compris des systèmes de d'alerte rapide.

En même temps il faut aussi des systèmes de production qui soient plus économes au niveau des ressources.

(Interview : Alexandre Maybeck est conseiller en matière d'agriculture et de protection du consommateur au sein de la FAO; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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15/12/2017
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