Crise des réfugiés : l'ONU dénonce les restrictions aux frontières des Balkans

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Des réfugiés syriens à Lesbos en Grèce: l'ONU dénonce les restrictions aux frontières des Balkans Photo : UNICEF / A. Romenzi

Les Nations Unies et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dénoncent les nouvelles restrictions imposées ces derniers jours aux réfugiés et aux migrants au niveau des frontières entre la Grèce et des pays des Balkans. Dans une déclaration commune, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), le Fonds de l’ONU pour l’enfance (UNICEF) et l’OIM critiquent cette sélection et appellent à ne pas fragmenter les routes des migrants par la multiplication des postes-frontières.

Dans une interview accordée à la Radio des Nations Unies, le porte-parole du HCR, William Splinder, note que ces « restrictions incluent le filtrage des réfugiés et migrants sur la base de leur nationalité ».

Plusieurs pays des Balkans, notamment l'ex République yougoslave de Macédoine et la Serbie, ont commencé mercredi dernier à restreindre l’accès à son territoire aux seuls réfugiés venant de Syrie, d’Iraq et d’Afghanistan. Mais des centaines d'Iraniens, Pakistanais, Somaliens, Marocains, bangladeshis et d'autres nationalités se sont vu refuser pour le moment le passage vers la Macédoine et dans les autres pays des Balkans.

Dans ces conditions, le HCR, l'UNICEF et l'OIM jugent cette situation « intenable » et redoutent les conséquences qu'auront ces restrictions avec la «chute des températures et du risque pour les enfants et pour ceux qui ont des besoins spécifiques ». A cet égard, les trois institutions se disent préoccupées par le manque de places d’hébergement le long de la route des migrants et s’inquiètent pour ceux qui se retrouvent bloqués à divers postes frontières avec des conditions de plus en plus chaotiques. Parmi les migrants, les enfants, en particulier ceux qui ne sont pas accompagnés, les « plus vulnérables », doivent disposer de zones adaptées dans les centres de réception, met en garde d'ailleurs l’UNICEF.

Selon le HCR, 846.000  migrants et réfugiés ont traversé la Méditerranée pour rejoindre l'Europe en 2015, dont plus de de 698.922 en Grèce et 143.500 en Italie. Plus de 3.485 sont morts ou portés disparus lors de cette périlleuse traversée.

(Extrait sonore : William Splinder, porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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11/12/2017
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