Corruption: début de la 6ème Conférence des États parties à Saint-Pétersbourg

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Yury Fedotov, Directeur executif du Bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime (Photo: ONU/JC-McIlwaine)

A Saint-Pétersbourg, en Russie, la 6ème Conférence des États Parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption a lancé, ce lundi, ses travauxs. Durant une semaine, un milliers de participants vont examiner les meilleurs moyens de mettre en œuvre la Convention. Dans un message lu par Yuri Fedotov, le Directeur exécutif de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), le Secrétaire général, Ban Ki-moon insiste sur les défis à relever, notamment la prévention, la nécessité d’un partenariat entre les secteurs public et privé, le recouvrement des avoirs et le recours aux technologies de l’information.

Pour Ban Ki-moon la Conférence de Saint-Pétersbourg se situe dans le droit fil de l'adoption des Objectifs de développement durable, en particulier de l'objectif 16 qui juge essentiels l’accès à la justice et l’édification d’institutions efficaces et inclusives. Pour ce faire, il faut promouvoir la prévention et la primauté du droit; réduire les pots de vin; améliorer la récupération effective des avoirs volés; et lutter contre le crime organisé, le trafic, le terrorisme et la violence. Car, met en garde le Secrétaire général, la corruption engendre davantage de corruption. Elle crée un terrain fertile pour la violence, les conflits et la radicalisation. Aussi, en oeuvrant à l'application de la Convention les États Membres peuvent aider à construire des institutions responsables et transparentes offrant à tous des services publics permettant de réaliser son potentiel et de mener une vie saine et productive. De plus, une action concertée contre la corruption peut contribuer à éradiquer la traite des êtres humains et le trafic de migrants, réduire les flux illicites de drogues, renforcer la prévention de la violence, et combattre le terrorisme et l’extrémisme violent.

La Convention des Nations Unies contre la corruption est le premier instrument international juridiquement contraignant de lutte contre la corruption. Elle est entrée en vigueur le 14 décembre 2005.

Traitant les aspects les plus importants de la lutte contre la corruption que sont la prévention, l'incrimination, la coopération internationale et le recouvrement d'avoirs, elle a été ratifiée, à ce jour, par plus des deux tiers des 193 États Membres de l'ONU. Elle pose aux fins de cette lutte un ensemble unificateur d'obligations et de principes directeurs de vaste portée.

La Convention est importante car toutes les mesures nationales, régionales et internationales de lutte contre la corruption s'inscrivent désormais dans le cadre d'un ensemble unique d'obligations et de principes directeurs. Toutefois, son efficacité ne sera réelle que si elle est rigoureusement appliquée.

Les pays peuvent se tourner vers les organismes des Nations Unies, en particulier le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l'UNODC, pour obtenir un appui technique, qui consiste notamment à fournir des conseils pour mettre en place et renforcer les institutions nationales anticorruption, élaborer des stratégies et des lois pour endiguer et prévenir la corruption et appliquer des programmes s'attaquant aux principales causes systémiques de la corruption.

L'UNODC, en sa qualité de gardien de la Convention, fournit une assistance technique aux États parties et aux États signataires en les aidant à assurer l'intégrité de leur système judiciaire, à améliorer leur législation, à échanger les bonnes pratiques et à élaborer des stratégies pour lutter efficacement contre la corruption.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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11/12/2017
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