COP21 : l’OMS plaide pour un accord à Paris pour sauver 250.000 vies par an

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L’Organisation mondiale de la santé entend placer la santé publique au centre de la conférence de Paris sur le climat fin novembre. L'OMS estime d'ailleurs qu'un bon accord lors de la COP21 pourrait être déterminant pour sauver des vies dans le monde. L'agence onusienne basée à Genève estime que le changement climatique pourrait coûter 250’000 vies par an de 2030 à 2050.

Selon l’OMS, des mesures pour réduire les gaz à effet de serre pourraient sauver jusqu’à 2,4 millions de vies par an et réduire le réchauffement de 0,5 degré d’ici à 2050. En attendant, elle souligne que les changements climatiques sont à l'origine du décès de dizaines de milliers de personnes chaque année dans le monde. En 2012 par exemple, l’OMS avait déjà estimé que 7 millions de personnes avaient péri de maladies liées à la pollution de l’air. Des infections comme la malaria ou des maladies diarrhéiques sont renforcées par le changement climatique.

Dans ses recommandations, l'OMS plaide donc sur la nécessité de standards plus élevés pour les émissions liées aux véhicules. Intégrer le coût sanitaire des carburants polluants pourrait réduire les décès en lien avec la pollution de 50% et les émissions de dioxyde carbone de plus de 20%. Ce scénario rapporterait, selon l'OMS, environ 3000 milliards de dollars par an, plus de la moitié des dépenses de tous les gouvernements dans le domaine de la santé, selon des estimations.

En préparation à la conférence de Paris, l’OMS a contribué à établir les profils de 14 pays pour évaluer comment le réchauffement affecte la santé publique. Au Bangladesh par exemple, ces profils montrent qu’une combinaison d'émissions de gaz à effet de serre et des insuffisances dans la protection exposeraient chaque année plus de 7 millions de personnes aux inondations côtières et à des risques sanitaires entre 2070 et 2100; tandis que de faibles émissions et des mesures d’adaptation fortes pourraient réduire ce chiffre à environ 14 000. Au Nigéria, la mise en œuvre des mesures pour réduire les polluants climatiques de courte durée pourrait empêcher près de 70 000 décès prématurés par année à partir de 2030.

(Interview : Dr Maria Neira, Directrice du Département Santé publique et environnement à l’Organisation mondiale de la Santé ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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