Burundi : une équipe des droits de l'homme de l'ONU attendue à Bujumbura

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Une mère burundaise fuit au Rwanda pour échapper à la violence (Photo: Ignatous Ssuuna/IRIN).

Une équipe du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme est attendue, ce week-end, à Bujumbura. Cette mission intervient alors que les Nations unies continuent de tirer la sonnette d'alarme face à l'escalade de la violence au Burundi où les morts se multiplient. Ces derniers jours, les plus hauts responsables onusiens ont dénoncé l’augmentation des assassinats, des actes de torture et des arrestations arbitraires dans ce pays.

Dans une interview accordée à la Radio des Nations Unies, Scott Campbell, Chef de la section Afrique de l’Ouest et centrale au Haut-Commissariat évoque une « dimension plus inquiétante » de la crise politique au Burundi.

« On peut parler d'une tendance plus inquiétante en raison notamment de l'augmentation des violations des droits humains, des atteintes du droit à la vie, des arrestations arbitraires, des cas de torture », fait-il remarquer. Selon les services du Haut-Commissaire Zeid, au moins 252 personnes ont été assassinées au Burundi, depuis avril 2015.

Cette spirale de la violence a eu pour conséquences d'engendrer d'importants mouvements de populations.  En plus des 80.000 déplacés à l'intérieur du Burundi, plus de 200.000 Burundais se sont réfugiés dans les pays voisins, principalement en Tanzanie, au Rwanda et en République démocratique du Congo.

Dans ces conditions, l'équipe du Haut-Commissariat conduite par Scott Campbell entend plaider pour « le désarmement de tout le monde » et plus particulièrement des milices Imbonerakure proches de la Ligue des jeunes du parti au pouvoir. « Il y a besoin de répéter cet appel au désarmement », a rappelé le Chef de la section Afrique de l’Ouest et centrale au Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU. Autre message à l'endroit de Bujumbura, lutter contre l'impunité en s’assurant que tous les auteurs des violences et des abus soient traduits en justice. Enfin, les services du Haut-Commissaire Zeid souligneront l'urgence d'instaurer un « dialogue inclusif au Burundi », conformément aux Accords d'Arusha qui ont mis fin à 12 ans de massacres et de combats.

Il faut juste rappeler que lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à la situation au Burundi, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, avait tenu lundi dernier à alerter les membres du Conseil sur le risque d’escalade dans le pays. Il avait surtout averti que le Burundi est à « un tournant extrêmement dangereux ».

Dans ces conditions, le Chef des droits de l'homme de l'ONU avait demandé au Conseil de sécurité d'explorer toutes les options possibles afin d'empêcher davantage de violence, y compris le gel des avoirs, des interdictions de voyager et d'autres mesures pour arrêter les violences en cours et empêcher un conflit régional. « Le Conseil pourrait aussi envisager d'invoquer le Chapitre VII de la Charte pour arrêter les violences en cours et empêcher un conflit régional », avait déclaré Zeid Ra'ad Al Hussein.

(Interview : Scott Campbell, Chef de la section Afrique de l’Ouest et centrale au Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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23/10/2017
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