Burundi : l'UNICEF veut 25 millions de dollars pour les enfants victimes des violences

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Au Burundi, la situation reste toujours tendue dans la capitale Bujumbura. Selon l'ONU, au moins 252 personnes ont été assassinées dans ce pays depuis avril 2015. Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) note qu'au moins 17 enfants ont été tués et plusieurs blessés à la suite de l'escalade de la violence au cours de ces six derniers mois.

 

Les enfants continuent de payer un lourd tribut dans cette crise burundaise.  Outre les 17 enfants tués depuis six mois, les violations des droits des enfants se sont multipliées ces derniers jours. Selon l’UNICEF, ils sont pris au piège des violents affrontements surtout dans la capitale burundaise. Certaines écoles ont été touchées par des grenades et plus de cent jeunes sont détenus arbitrairement, parfois pour de longues périodes. Ces derniers sont parfois emprisonnés dans des cellules en compagnie de prisonniers adultes.

Cette spirale de la violence a eu pour conséquences d’engendrer d’importants mouvements de populations. En plus des 80.000 déplacés à l’intérieur du Burundi, plus de 216.000 Burundais, dont majoritairement des enfants et des femmes, se sont réfugiés dans les pays voisins, principalement en Tanzanie, au Rwanda et en République démocratique du Congo.

Par ailleurs, l'UNICEF s'est également préoccupé par la façon dont la pauvreté croissante liée à la crise a un impact sur la jeunesse du pays. Les prix des denrées alimentaires ont fortement augmenté ces dernières semaines et plusieurs familles ont de plus en plus du mal à se nourrir. Selon l'Agence onusienne, quatre Burundais sur cinq vivent déjà avec moins de 1,25 $ américain par jour.

Face à cette situation, l'UNICEF lance un appel de fonds aux pays donateurs. Pour ses opérations au Burundi, le Fonds a besoin de 25 millions de dollars pour soutenir les enfants et leurs familles aussi bien au Burundi que dans les pays voisins qui accueillent des réfugiés burundais, notamment en Tanzanie, au Rwanda et en République démocratique du Congo.

Il faut juste signaler que la situation à Bujumbura s'est détériorée depuis l'officialisation de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. La répression des manifestations et sa réélection en juillet n’ont pas empêché l’intensification des violences.

(Extrait sonore : Christophe Boulierac, porte-parole de l'UNICEF à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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11/12/2017
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