Burundi : l’ONU s’inquiète de l’escalade de la violence contre les civils

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 Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, s’est déclaré vendredi profondément préoccupé par la récente escalade de la violence au Burundi, notamment marquée par des exécutions sommaires d’opposants dans la capitale du pays.

Dans un communiqué de presse rendu public par son porte-parole à New York, Ban Ki-moon a exprimé sa profonde inquiétude face à la découverte, ces dernières semaines, d’un nombre croissant de corps sans vie parmi les civils dans plusieurs quartiers de la capitale Bujumbura, dont un certain nombre suite à des exécutions sommaires.

« Encore aujourd’hui, le fils de l’éminent défenseur des droits humains burundais, Pierre-Claver Mbonimpa, a été tué après son arrestation par la police à Bujumbura », a déploré le chef de l’ONU. « La violence et ces tueries répétées doivent cesser », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général a souligné qu’il est du devoir des autorités burundaises de protéger les civils, quelle que soit leur affiliation politique, et de « mettre fin immédiatement à l’impunité généralisée de ces actes atroces ».

Ban Ki-moon a également condamné les déclarations publiques qui semblent inciter à la violence ou à la haine envers divers composantes de la société burundaise.

« Cette rhétorique incendiaire est répréhensible et dangereuse ; elle ne contribuera qu’à exacerber les tensions dans le pays », a-t-il dit, appelant à ce que toute personne publiquement impliquée dans des actes d’incitation à la violence soit tenue pour responsable.

Le Secrétaire général a souligné la nécessité d’intensifier les efforts afin de trouver un règlement politique à la crise au Burundi. A ce titre, il a invité toutes les parties, y compris les autorités nationales, la société civile et l’opposition, qu’elles se trouvent au Burundi ou à l’étranger, à mettre immédiatement un terme à la propagation des discours haineux, à renoncer à la violence et à prendre part de bonne foi à la facilitation de la Communauté de l’Afrique de l’Est actuellement en cours.

Ban Ki-moon a enfin appelé tous les Burundais, en particulier les leaders du gouvernement, à contribuer à l’établissement d’un dialogue crédible et inclusif qui puisse réponde aux importants défis politiques auxquels le Burundi est confronté.

« L’Organisation des Nations Unies réitère son soutien à tout effort visant à promouvoir un règlement pacifique. Le temps presse », a dit M. Ban.

De son côté, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a également condamné sans réserve le meurtre du fils de du défenseur des droits de l’homme, Pierre Claver Mbonimpa.

« Il s’agit du second membre de la famille de M. Mbonimpa à être assassiné ces dernières semaines », a déploré Zeid Ra'ad Al Hussein dans un communiqué de presse.

Selon le Haut-Commissaire, Welly Nzitonda aurait été arrêté par la police dans la matinée de vendredi vers 11 heures. Son corps a été retrouvé dans l’après-midi dans le quartier de Mutakura.

« Pierre Claver Mbonimpa a lui-même échappé de justesse à une tentative d’assassinat en août dernier et est toujours sous traitement à l’étranger. L’un de ses gendres a aussi été tué le 9 octobre 2015 », a précisé M. Zeid, selon qui cet assassinat renforce les craintes d’une politique systématique ciblant des membres de l’opposition, des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme et des citoyens ordinaires perçus comme opposés au gouvernement.

Le lundi 9 novembre, le Haut-Commissaire s’exprimera devant le Conseil de sécurité des Nations Unies pour évoquer la rapide détérioration de la situation au Burundi.

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Bureau du Haut-Commissaire aux droits de l’Homme; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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20/10/2017
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