Burundi : le Conseil de sécurité préoccupé par l'escalade de la violence

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Tete Antonio, Observateur permanent de l’Union africaine auprès des Nations Unies (Crédit photo : ONU/Evan Schneider)

Le Conseil de sécurité de l’ONU, sous présidence britannique, s'est réuni lundi après-midi pour examiner la situation au Burundi. Les quinze ont entendu une demi-douzaine d'orateurs, notamment le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires politiques, Jeffrey Feltman, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra’ad Al Hussein et Tete Antonio, l'Observateur permanent de l'Union africaine auprès des Nations Unies.

Au cours de son intervention, Tete Antonio a fait part de l'inquiétude de l'Union africaine (UA) de voir que depuis avril 2015, la paix chèrement acquise par les Burundais est mise à rude épreuve. Selon lui, le pays fait face ÿ une grave crise politique, sécuritaire et humanitaire, consécutive à la candidature du Président de la République à un mandat supplémentaire. Les efforts de médiation entrepris par les Nations unies, ensuite conjointement par la Communauté de l'Afrique de l'Est, la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs, l'Union africaine et les Nations unies, en vue de permettre aux acteurs politiques burundais de mettre en place un processus électoral consensuel et inclusif, sont restés sans effet.

Selon l'Observateur permanent, depuis lors, le Burundi fait face à une situation politique et sécuritaire difficile, marquée par une montée de la violence et des violations graves des droits de l'homme. En outre, plus de 200 000 Burundais (en majorité des femmes et des enfants} se sont réfugiés dans les pays voisins, notamment en Tanzanie, au Rwanda, en République démocratique du Congo et en Ouganda.

Tete Antonio a observé, qu'alors même que le Conseil de sécurité se réunit, la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader. Il a précisé que l'insécurité et les violences qui s'étaient initialement concentrée dans la capitale, Bujumbura, se sont étendues depuis peu à certaines localités à l'intérieur du pays. Les assassinats ciblés de personnalités politiques et militaires, les exécutions extrajudiciaires, les actes de torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, les arrestations arbitraires et dentions illégales, les affrontements entre la police et des éléments armés, la découverte régulière de cadavres dans les rues de certains quartiers, entre autres, sont devenus le lot quasi quotidien de la vie des populations burundaises.

En conclusion, l'Observateur permanent a réitéré l'appel de l'UA au Gouvernement du Burundi et aux autres acteurs concernés pour qu’ils mesurent la gravité de la situation et se hissent à la hauteur des enjeux. II en va de l’avenir de leur nation et de la stabilité de la région, Pour sa part, et ainsi que l’a souligné le Conseil de paix et de sécurité, l'Union africaine est déterminée à assumer pleinement les responsabilités qui sont les siennes aux termes du Protocole relatif à la création du CPS et d'autres instruments africains pertinents, et ce en collaboration avec les acteurs internationaux concernées.

Lors de cette même réunion, sur le Burundi, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a tenu lundi à alerter les membres du Conseil sur le risque d’escalade dans le pays.

« Je pense que les Etats membres, et ce Conseil, peuvent intervenir pour empêcher la répétition des horreurs du passé », a dit M. Zeid, qui intervenait de Genève par vidéoconférence, soulignant le nombre croissant d’exécutions extrajudiciaires au cours des derniers mois, les allégations crédibles de l’usage de la torture et les centaines de milliers de déplacés et de réfugiés fuyant la violence.

« La crise actuelle a déjà défait nombre des récents progrès sociaux, économiques et politiques du Burundi », a-t-il ajouté. « Le gouvernement doit prendre de toute urgence des mesures publiques et concrètes pour restaurer la confiance, qui est indispensable pour prévenir le recours à la violence et faire revenir le Burundi sur le chemin de la paix, de l’harmonie nationale et du développement ».

« Le Président Nkurunziza a annoncé l’ouverture d’un processus de dialogue national en septembre, mais j’ai le regret de vous faire savoir qu’à ce jour celui-ci est loin de correspondre à la discussion véritablement inclusive qui replacerait le pays sur le chemin de la paix », a encore dit le Haut-Commissaire.

(Extrait sonore : Tete Antonio, observateur permanent de l'Union africaine auprès des Nations Unies)

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20/10/2017
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