Burundi : le Conseil de sécurité engage le gouvernement et les parties à rejeter toute forme de violence

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Le Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, François Delattre (Crédit photo ONU/Devra Berkowitz)

Le Conseil de sécurité s'est réuni pour la seconde fois cette semaine afin d'examiner la situation au Burundi. Les quinze ont adopté une résolution par laquelle ils engagent le Gouvernement burundais et toutes les parties à rejeter toute forme de violence et exige de toutes les parties au Burundi qu'elles s'abstiennent de tout acte qui mettrait en péril la paix et la stabilité dans le pays.

Par la résolution 2248, le Conseil exhorte le Gouvernement burundais à protéger et garantir le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, conformément aux obligations internationales qui sont les siennes, à adhérer à l'état de droit et à faire preuve de transparence pour ce qui est d'amener les responsables à répondre des actes de violence, et à coopérer pleinement avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme dans l'exécution de son mandat.

De plus, les quinze exhortent le Gouvernement burundais à coopérer avec la médiation menée par la Communauté d'Afrique de l'Est sous l'égide de l'Union africaine, afin de l'aider à organiser immédiatement un dialogue interburundais véritable, associant toutes les parties concernées par la paix, se trouvant aussi bien dans le pays qu'à l'étranger, afin de trouver une solution consensuelle, propre au Burundi, à la crise en cours.

Aux termes de la résolution, le Conseil exprime son plein appui à l'action de médiation menée par le Président e l'Ouganda, Yoweri Museveni, au nom de la Communauté d'Afrique de l'Est, telle qu'elle a été approuvée par l'Union africaine, et souligne qu'il importe d'établir une étroite coordination entre la région et les facilitateurs internationaux pertinents.

Le Conseil se félicite de la décision prise par le Secrétaire général de designer un Conseiller spécial pour la prévention des conflits, y compris au Burundi, pour mener et coordonner l'action de l'Organisation des Nations Unies face à la situation au Burundi et de travailler avec le Gouvernement burundais et toutes les autres parties concernées ainsi qu'avec les autres partenaires sous-régionaux, régionaux et internationaux, pour soutenir un dialogue interburundais sans exclusive, un règlement pacifique du conflit et l'instauration d'une paix durable.

En outre, les quinze déclarent leur intention, d'envisager des mesures supplémentaires à l'encontre de tous les acteurs burundais qui, par leurs actes ou leurs propos, concourent à perpétuer la violence et entravent la recherche d'une solution pacifique. Ils soulignent qu'il importe que le Secrétaire général suive de près la situation au Burundi et l'invite à déployer une équipe au Burundi pour travailler avec le Gouvernement, l'Union africaine et les autres partenaires pour évaluer la situation et envisager des options afin de régler les problèmes politiques et de sécurité.

Le Conseil prie le Secrétaire général de le tenir informé dans les 15 jours, notamment en présentant des options sur la présence future de l'Organisation des Nations Unies au Burundi, et tous les 30 jours par la suite sur la situation au Burundi, en particulier sur l'état de la sécurité et les violations des droits de l'homme et les atteintes à ces droits, et les incitations à la violence et la haine contre les différents groupes dans la société burundaise.

Enfin, par cette résolution, le Conseil de sécurité affirme l'importance pour l'Organisation des Nations Unies et l'Union africaine de se tenir prêts à toute éventualité afin d'aider la communauté internationale à réagir face à toute nouvelle dégradation de la situation.

S’exprimant devant  la presse à l’issue de la réunion du Conseil, le Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, François Delattre, a fait valoir que la résolution que le Conseil a adoptée sur le Burundi, à l'initiative de la France, est une résolution importante. Selon lui, le texte permet au Conseil de sécurité d'adresser au moins trois messages.

D'abord, un message d'abord d'unité du Conseil, puisque la résolution, il faut le souligner, a été adoptée à l'unanimité. C'est un point essentiel. Nous avons beaucoup travaillé à bâtir cette unité indispensable du Conseil de sécurité. C'est dans cet esprit que le Conseil, sous présidence française, s'était rendu à Bujumbura en mars dernier. C'est dans cet esprit que nous avons récemment adopté une importante PRST. Le message d'unité exprimé aujourd'hui par le Conseil est essentiel pour rassembler la communauté internationale, y compris bien sûr l'Union Africaine et la Communauté de l'Afrique de l'Est en particulier.

Le second message adressé est un message de mobilisation pour briser l'engrenage de la violence, lui-même favorisé, il faut le dire, par les appels à la haine. Le Conseil de sécurité doit tout faire pour prévenir un embrasement du pays tout entier, avec ses possibles implications régionales. Le Conseil doit embrasser à bras le corps son rôle – et son devoir – de prévention, et ne pas laisser le génie des violences ethniques sortir de sa bouteille.

Enfin, le troisième message est un message d'espoir. Cette résolution promeut le lancement d'un vrai dialogue inclusif national entre le gouvernement et toutes les parties pacifiques burundaises. Il salue la nomination par le Secrétaire général d'un Conseiller spécial, Jamal Benomar, en soutien de ce dialogue. Il demande des options au Secrétaire général pour la future présence des Nations unies au Burundi et encourage les plans de contingence actuellement développés. Enfin, notre résolution est très claire sur le fait que le Conseil est prêt à adopter des mesures contre ceux qui promeuvent la violence et travaille contre la paix.

François Delattre a exprimé l'espoir que cette résolution contribuera à la recherche d'une solution pacifique et inclusive qui remette le pays sur le chemin de la paix et de la stabilité qui était le sien depuis les Accords d'Arusha, des Accords qui sont et demeurent plus que jamais notre boussole.

(Extrait sonore : François Delattre, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies)

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19/10/2017
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