Sécurité routière: 1,25 million de personnes tuées en 2013

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Une route endommagée aux Philippines après un séisme en octobre 2013. Photo IRIN/Jason Gutierrez

Le nombre de tués sur les routes se stabilise alors même que le nombre de véhicules motorisés a augmenté rapidement dans le monde, tout comme la population mondiale. Selon le Rapport de l'OMS sur la sécurité routière dans le monde 2015, une baisse du nombre de décès a été constatée dans 79 pays. Toutefois, l'Organisation mondiale de la Santé note que près de 1,25 million de personnes meurent chaque année sur les routes en dépit des progrès constatés dans ce domaine.

L'Organisation mondiale de la santé se félicite des progrès encourageants sur la sécurité routière au niveau mondial. Des résultats qui confirment une stagnation du nombre de décès liés aux accidents de la route. En 2013, l'OMS a recensé 1,25 millions de morts, et ceci en dépit de la croissance mondiale de la population et du nombre de véhicules.  Ces trois dernières années, 79 pays ont ainsi constaté une baisse du nombre des victimes d'accidents de la circulation et 68 pays ont enregistré une hausse.

Dr Etienne Krug, Directeur du Département de l'OMS en charge des maladies non transmissibles : « Le nombre de décès est arrivé à un plateau. Nous ne voyons plus d'augmentation de décès dans le monde malgré l'augmentation du nombre de véhicules et de conducteurs, l'augmentation du nombres de routes, etc. donc ça, c'est la bonne nouvelle.

Chaque année, 1,25 millions de personnes meurent sur nos routes. La sécurité routière est devenue la 8e cause de mortalité dans le monde pour tout âge confondu. Mais elle est devenue la première cause de mortalité chez les jeunes, adolescents et jeunes adultes. On parle souvent de jeunes pères, jeunes mères de familles. Et une fois que ces personnes sont tuées ou blessées dans un accident, c'est toute la famille qui est jetée dans la pauvreté. Les conséquences sont très graves au niveau de l'individu, de la famille et de la société en général ».  

Ce rapport de l’OMS montre que les routes africaines restent les plus dangereuses.  En Afrique, le taux de mortalité est le plus élevé au monde avec 26,6 pour 100’000 habitants, à comparer avec un taux de 9,3 en Europe.

Lors de la présentation du rapport ce lundi à Genève, la Directrice générale de l’OMS a estimé que le bilan des routes est encore beaucoup trop élevé. Selon Dr Margaret Chan, les accidents de la circulation font des ravages inacceptables, en particulier parmi les populations pauvres des pays pauvres.  « 90% des décès sur les routes dans le monde arrivent maintenant dans les pays en voie de développement alors qu'ils ont la moitié des véhicules, fait remarquer Dr Etienne Krug ».

Toutefois, l'OMS rappelle que la situation s’est améliorée dans les pays qui ont renforcé leurs lois sur la sécurité routière. Des pays qui ont pris des mesures pour réduire les cinq facteurs à risques à savoir la vitesse, la conduite en état d’ivresse, l’absence de casque, de ceintures de sécurité et de sièges pour enfants.

Concernant l’alcool au volant, le rapport relève que les jeunes alcoolisés risquent plus d’avoir un accident que les conducteurs plus âgés ayant consommé autant.  Le Directeur du Département de l'OMS en charge des maladies non transmissibles nous rappelle les recommandations pour limiter le nombre de morts sur les routes. Pour Dr Etienne Krug, il faut mieux protéger les usagers de la route vulnérables et améliorer la sécurité des véhicules.

« Ce qui doit être fait, c'est une amélioration des législations et la mise en œuvre de ces législations concernant l'utilisation de la ceinture ou du casque pour les motards, la limitation de vitesse et s'attaquer à l'alcool au volant. Ce sont des causes très importantes auxquelles nous pouvons nous pouvons nous attaquer. Il y a également tout le travail sur l'infrastructure routière. Par exemple, nous assurer que les piétons et les cyclistes doivent être séparés du reste du trafic. Et puis l'amélioration de nos véhicules. Il y a énormément de possibilités d'amélioration des véhicules et ce qui se fait dans de nombreux pays, particulièrement les pays riches. Par contre les véhicules vendus dans les pays en voie de développement ne contiennent ce matériel , cet équipement pour la sécurité ».

La sécurité routière est un des objectifs de développement durable à l’horizon 2030. L’ONU entend diviser par deux le nombre de victimes et de traumatisés de la route d’ici 2020.

« Maintenant, c'est une question de mise en œuvre, de volonté politique, de faire l'effort, de s'attaquer au problème, souligne Dr Etienne Krug. Et c'est urgent. Les chefs d'Etat ont adopté un nouvel agenda pour le développement en septembre à New York dans une conférence mondiale au plus haut niveau. Ce nouveau plan contient un objectif de réduire de 50% le nombre de décès sur les routes d'ici 2020. Il est urgent d'agir ».

Cette question sera d'ailleurs au menu de la 2ème Conférence mondiale sur la sécurité routière prévue les 18 et 19 novembre prochain à Brasilia, au Brésil.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec des extraits sonores de Dr Etienne Krug, Directeur du Département de l'OMS en charge des maladies non transmissibles : propos recueillis par Chris Black de l'OMS).

Classé sous L'info, Reportages, Santé.
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14/12/2017
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