L’ONU cherche à conjurer une catastrophe au Soudan du Sud

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Eleveur au Soudan du Sud. Photo/MINUSS

Trois organismes des Nations Unies ont averti aujourd’hui que la faim extrême est en train de porter les populations au bord du gouffre dans certaines parties du Soudan du Sud. Une nouvelle analyse révèle que 3,9 millions de personnes sont victimes d’une grave insécurité alimentaire dans l'ensemble du pays.

L'Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont exhorté les parties en conflit à accorder un accès urgent et illimité à l’état d’Unité, où au moins 30 000 personnes vivent dans des conditions extrêmes, risquant la famine et la mort. Depuis le déclenchement des hostilités au Soudan du Sud il y a près de deux ans, c’est la première fois qu’une mission constate des individus en phase 5 («catastrophe».

«C’est le début de la récolte et nous devrions assister à une amélioration sensible de la situation de la sécurité alimentaire dans tout le pays, mais malheureusement, ce n’est pas le cas dans des régions comme le sud de l’état d’Unité, où les gens sont au bord d’une catastrophe qui ne peut plus être empêchée», a déclaré la Responsable du PAM dans le pays, Joyce Luma.

Si un accès humanitaire illimité n’est pas accordé d’urgence, les organismes ont annoncé que l'insécurité alimentaire pourrait se transformer en famine dans certaines parties de l’état d’Unité, où l’aide humanitaire a été entravée par une extrême violence et l’inaccessibilité ces derniers mois. Certaines familles déplacées racontent qu’elles survivent grâce à un repas par jour constitué de poisson et de nénuphars.

A l’échelle du pays, la malnutrition aiguë globale (MAG) chez les enfants de moins de cinq ans a dépassé le seuil d’urgence dans les états frappés par le conflit de Jonglei, du Haut-Nil et d’Unité en septembre, et est élevée dans le Bahr-el-Ghazal septentrional et Warrap tout au long de l’année. La forte prévalence est imputable à des apports alimentaires insuffisants, de mauvaises pratiques d’alimentation maternelle et infantile, les maladies et la fourniture limitée de services sanitaires et nutritionnels.

«Les moyens de subsistance ont été gravement amputés par la hausse des taux d’inflation, la désorganisation des marchés, les déplacements engendrés par les conflits et les pertes de production animale et agricole», a souligné Serge Tissot, Représentant de la FAO au Soudan du Sud.

«Pour la clôture de la campagne agricole 2015 d’ici la fin de l’année, on prévoit une production céréalière inférieure à la moyenne en Ouganda, au Soudan et en Ethiopie, ce qui aggravera davantage la facture d’importations alimentaires du Soudan du Sud. Créer des moyens de venir en aide aux petits agriculteurs, éleveurs et pêcheurs permettrait de renforcer la résilience de ces communautés», a-t-il ajouté.

L’UNICEF, le PAM et la FAO, aux côtés d’autres partenaires des Nations Unies et des ONG, réussissent à sauver et à venir en aide à des millions de personnes grâce à leurs kits de nutrition et d’urgence. Les organismes ont appelé la communauté internationale à mobiliser les ressources nécessaires pour soutenir et étendre ces efforts permettant de sauver des vies.

(Propos de George Fomynien, porte-parole du PAM au Soudan du Sud, recueillis par Tsigué Shiferaw)

 

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20/10/2017
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