Iran : des experts de l’ONU s’indignent des exécutions récentes de deux adolescents

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Le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en Iran, Ahmed Shaheed. Photo ONU/Amanda Voisard

Des experts des droits de l’homme de l’ONU ont exprimé vendredi leur indignation et leur profonde tristesse suite à l’exécution de Fatemeh Salbehi, une mineure délinquante condamnée pour le meurtre de son mari, qu’elle avait été forcée d’épouser à l’âge de 16 ans.

Fatemeh Salbehi a été pendue mardi 13 octobre au mépris du droit international, qui interdit les exécutions de mineurs, et en dépit des vices de procédures signalés concernant le déroulement de son procès et sa procédure d’appel.

Les experts ont aussi condamné l'exécution dans le secret, une semaine plus tôt un autre mineur délinquant, Samad Zahabi, condamné à mort en mars 2013 à 17 ans pour le meurtre d’un berger. Ni la famille, ni l’avocat de Samad Zahabi, n’ont été notifiés de son exécution.

Pour le Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Iran, Ahmed Shaheed, ces exécutions sont la preuve inquiétante de la flambée du taux d’exécution et de l’équité douteuse des procès dans le pays.

De son côté, la Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes, Dubravka Simonoviċ, a dénoncé le manque de considération pour les victimes de violence conjugale dans le système judiciaire iranien.

Ces deux experts, ainsi que le Rapporteur spécial sur les exécutions sommaires, Christof Heyns, ont exhorté le gouvernement iranien à instaurer immédiatement un moratoire sur les exécutions en vue d’abolir la peine de mort.

Depuis 2015, plus de 700 personnes au total ont été exécutée en Iran.

(Mise en perspective : Isabelle Dupuis)

 

Classé sous Droit et crime, L'info.
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15/12/2017
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