Genève : le plaidoyer d'António Guterres pour la protection des réfugiés

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Des réfugiés syriens qui fuient leur pays pour rejoindre la Turquie (photo: UNHCR/I.Prickett)

Le Comité exécutif du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s'est ouvert ce lundi à Genève. Une 66ème session qui se tient jusqu'à vendredi au moment où l'Europe fait face à l'une de ses plus importantes crises des réfugiés de ces dernières années. Depuis le début de l’année, plus de 520.000, essentiellement des Syriens, des Iraquiens et des Afghans, ont franchi les frontières européennes via la Méditerranée. Mais au-delà de ce problème, le monde fait face à d'énormes crises étroitement liées et qui poussent des milliers de civils à fuir leur pays.

Le monde est actuellement confronté à de graves crises interdépendantes comme en Syrie ou en Iraq et qui ont déraciné plus de 15 millions de personnes. Lors de cette 66ème session de son Comité exécutif, le Haut-Commissaire pour les réfugiés a rappelé la pression qu'exercent cette multitude de conflits pour les humanitaires. António Guterres signale qu'en Afrique par exemple, 500.000 personnes ont fui leurs maisons au Soudan du Sud et 190.000 au Burundi au cours des douze derniers mois seulement. Peu ou pas d’améliorations sont également notées dans les crises qui affectent la République centrafricaine, le Nigeria, l’Ukraine ou la République démocratique du Congo. Il y a en outre 1,1 million de déplacés internes au Yémen et 300.000 en Libye. En Amérique centrale, des dizaines de milliers, dont beaucoup d’enfants, fuient la violence des gangs. D'où l'importance d'accorder la protection internationale aux personnes vulnérables.

« Pour les réfugiés, le statut juridique est le principal facteur de vulnérabilité. Etre pauvre chez soi n'est pas la même chose qu'être pauvre dans un pays étranger, a déclaré António Guterres. Il n'est pas étonnant que ceux qui traversent aujourd'hui la Méditerranée soient des réfugiés syriens et non des Turcs, des Jordaniens ou Libanais vivant dans la pauvreté, a-t-il poursuivi. Cette réalité ne vaut pas uniquement pour les réfugiés. Car tout le monde sait que la cause profonde de vulnérabilité chez les Rohingas est leur apatridie et le manque de statut légal dans leur propre pays ».

António Guterres est également revenu sur la crise des réfugiés en Europe qui illustre selon lui cette bataille de la compassion contre la peur, de la tolérance contre la xénophobie.  Une façon de saluer la générosité de nombreux citoyens anonymes européens mais aussi fustiger les actes hostiles dirigés contre les réfugiés.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore d' António Guterres, Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés)

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16/10/2017
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