Des experts de l’UNESCO demandent un moratoire sur« l’ingénierie » de l’ADN humain

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Une professionnelle de santé dans un laboratoire. Photo : OMS/M. Missioneiro

Un groupe d'experts indépendants de l'UNESCO a appelé, lundi, à une interdiction temporaire de « l’ingénierie » génétique de la lignée germinale humaine, et a réclamé la tenue d'un large débat public sur les modifications génétiques de l’ADN humain.

A l’issue d’une réunion organisée au siège de l’UNESCO à Paris, les experts indépendants du Comité international de bioéthique (CIB) ont publié un rapport intitulé « Mise à jour d’une réflexion sur le génome humain et les droits de l’homme ». Dans ce rapport, les experts soulignent que «que l’ingénierie des génomes est sans doute l’une des entreprises les plus prometteuses de la science pour le bien de l’humanité tout entière ».

Mais que « cette révolution soulève de graves inquiétudes, en particulier si l’ingénierie du génome humain devait être appliquée à la lignée germinale en introduisant des modifications héréditaires, qui seraient transmises aux générations futures ».

Des progrès récents ont ouvert la porte au dépistage génétique de maladies héréditaires, à la thérapie génique, à l’utilisation de cellules souches embryonnaires dans la recherche médicale et à la possibilité du clonage et de « l’ingénierie » génétique à des fins médicales et non médicales.

Le CIB estime que les interventions sur le génome humain ne devraient être admises qu’à des fins préventives, diagnostiques ou thérapeutiques et sans apporter de modifications chez les descendants, faisant valoir que « l’alternative serait de mettre en péril la dignité inhérente et donc égale de tous les êtres humains et de faire renaître l’eugénisme ».

Le CIB souligne que les progrès rapides de la génétique ouvrent la voie à la création de « bébés sur mesure », suscitant des appels de la part de scientifiques et d’experts de la bioéthique en faveur d’un débat public plus large sur la capacité de la science à modifier génétiquement en laboratoire des embryons humains afin de pouvoir contrôler leurs caractères héréditaires tels que l’apparence ou l’intelligence.

Une nouvelle technique d’ « ingénierie » génétique, appelée CRISPR-cas9, permet aux scientifiques d’insérer, de retirer et de corriger des éléments d’ADN de manière simple et efficace. Elle offre la perspective de traiter, voire de guérir, certaines maladies, telles que la drépanocytose, la mucoviscidose et certains cancers. Mais l’ingénierie de la lignée germinale peut également rendre les modifications de l’ADN, telles que la détermination de la couleur des yeux d’un bébé, plus faciles pour les scientifiques travaillant sur les embryons, les œufs et le sperme humains.

Le rapport du CIB met également en garde contre le danger caché des tests génétiques à pratiquer soi-même, en indiquant que les consommateurs qui testent leur propre ADN en utilisant des kits « clés-en-mains » achetés en ligne, ont besoin de conseils génétiques et médicaux professionnels pour pouvoir comprendre les résultats. Ces kits permettent aux consommateurs d’effectuer des tests médicaux et non médicaux, notamment pour déterminer leurs origines ethniques. Le Comité demande que l’on ces tests fassent l’objet de règles claires et s’accompagnent d’informations aux consommateurs.

(Mise en perspective : Isabelle Dupuis)

 

 

Classé sous Culture et éducation, L'info.
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16/10/2017
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