Daniel Barenboim : quand la musique est symbole du dialogue et de la paix

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Daniel Barenboim, chef d'orchestre du West-Eastern Divan Orchestra à la salle des civilisations du Palais des Nations à Genève (photo: ONU/J. M. Ferré).

Fondé à Weimar en 1999 par le chef d'orchestre israélo-argentin Daniel Barenboim et l'intellectuel d'origine palestinienne Edward Saïd, le West-Eastern Divan Orchestra s'est imposé comme l'une des plus prestigieuses formations de la scène musicale internationale.  Symbole d'espoir, cet orchestre symphonique réunit de jeunes musiciens. Et très souvent, Juifs, musulmans et chrétiens du Moyen-Orient.

Le prestigieux directeur et son orchestre se produisent pour la première fois au siège européen des Nations Unies à Genève dans le cadre d’un événement organisé par la Fondation Onuart. Avec la présence de Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies pour un événement organisé dans le cadre de la Journée des droits de l'homme. Reportage sur les bords du Lac Léman, avec Alpha Diallo qui a suivi la séance de répétition et sa conférence de presse dominée par le conflit israélo-palestinien et la crise des réfugiés en Europe.

 

Bien loin du Moyen-Orient et ses turbulences, séance de répétition au cours d'un week-end calme au Palais des Nations à Genève. Dans cette Salle des civilisations qui accueille généralement les travaux du Conseil des droits de l’homme de l'ONU, on répète trois symphonies composées par Mozart dont le fameux récital, Jupiter. Avec son West-Eastern Divan Orchestra, Daniel Barenboim ne s'affiche pas forcément comme un chef d’orchestre militant, mais le maestro israélo-argentin est considéré comme un briseur de tabous. Et pour cette Journée des droits de l'homme, quel symbole de voir dans cette salle des civilisations de l'ONU à Genève,  Daniel Barenboim à la baguette d’une formation. Un orchestre où se côtoient généralement Israéliens, Palestiniens, Syriens, Libanais ou Egyptiens pour revisiter les œuvres de Mozart. Et au-delà de la musique, ces notes tendent à favoriser le dialogue entre les différentes cultures du Moyen-Orient et à promouvoir l’expérience de jouer ensemble.

Daniel Barenboim nous décrit les enjeux de ce concert :« La salle est très belle. Il suffit de regarder en haut et ce n'est pas commun. Mais surtout évidemment l'idée des Nations Unies qui est finalement le seul espoir qui nous reste pour continuer à maintenir un peu d'ordre et espoir de justice dans le monde ».

Et donc forcément, la crise israélo-palestinienne est parfois rappelée au maestro au détour de chaque conférence de presse. Car sa formation est devenue le symbole du dialogue et de la paix. Mais pour le Chef d'orchestre, il est possible de ne pas avoir réciproquement de la sympathie car c'est émotionnel. Toutefois au nom de la morale, nous devons avoir de la compassion pour toutes ces familles meurtries.

Rappelant la complexité du problème israélo-palestinien, Daniel Barenboim a indiqué que le moment est venu pour l'ONU et les puissances influentes d'exercer une pression pour régler ce conflit. Autre source de préoccupation pour le chef d'orchestre israélo-argentin, la présente crise des réfugiés en Europe. Il demande plus de compassion et de solidarité surtout pour tous ces enfants réfugiés. Et pour lui, ce fardeau doit être partagé par tous les pays et pas seulement aux seuls pays du Moyen-Orient et à l'Europe.

En gros, avec Daniel Barenboim, c'est toujours retour à la musique, qui est une passion, mais aussi un travail collectif de culture au service de la paix, comme l'a répété le Directeur général de l'ONU à Genève, Michael Moller. Une façon de rappeler à Daniel Barenboim et son orchestre qu'au-delà des préjugés et des contradictions de ce monde, le sentiment que la musique pouvait sûrement être transcendée par les individus. Et c'est avant tout une aventure humaine.

(Reportage d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore de Daniel Barenboim, chef d'orchestre du West-Eastern Divan Orchestra)

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15/12/2017
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