Conseil des droits de l'homme : le Myanmar interpellé sur les Rohingas

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Après 50 années de régime militaire et les conflits armés, le Myanmar a entrepris des réformes radicales assouplissant les restrictions sur les droits civils et politiques. Mais ces avancées n’ont pas été accompagnées de progrès pour lutter contre la discrimination institutionnalisée contre les minorités. Lors de la présentation du rapport sur la situation des droits humains des musulmans rohingyas, la Chef adjointe aux droits de l'homme s'est préoccupée de la discrimination institutionnalisée contre les Rohingyas.

 

Le rapport présenté par Flavia Pansieri devant le Conseil des droits de l'homme souligne les problèmes dans l’acquisition de la nationalité du Myanmar par les résidents rohingyas et leur exclusion de la vie politique du pays. La Haut-Commissaire adjointe de l'ONU aux droits de l'homme s'est d'ailleurs inquiétée du climat pré-électoral du scrutin de novembre prochain. Cette pré-campagne est ainsi marquée par une propagation de discours haineux incitant à la violence de la part de groupes religieux et partis politiques nationalistes. En mai dernier, deux vidéos choquantes ont été diffusées dans lesquelles le président du Parti de la paix et de la diversité appelait à des manifestations publiques incitant au meurtre des Rohingyas et des «boat people».

D'où ces recommandations de Flavia Pansieri : « Il est nécessaire de traiter ces questions de discrimination systématique et de politique d'exclusion. Et il faut assurer l'obligation redditionnelle pour les violations des droits de l'homme. Cela doit être au cœur même des efforts destinés à mettre en place une société pacifique et harmonieuse, où les droits des minorités sont reconnus et respectés ».

Le Myanmar rejette les conclusions sur la persécution des Rohingas estimant que personne n’est rejeté sur des bases religieuses ou raciales.

Certaines délégations ont regretté l'absence d’enquêtes et de poursuites pour les crimes commis contre les Rohingyas et d’autres minorités. Ce qui est considéré comme un signal clair de l’impunité.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore de Flavia Pansieri, Haut-Commissaire adjointe aux droits de l'homme)

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12/12/2017
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