Burundi : l'ONU inquiète par la détérioration de l'insécurité et des droits de l'homme

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Bujumabura, la capitale du Burundi, est secouée par des violences depuis des mois. Photo Phil Moore/IRIN

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme est vivement préoccupé par la rapide détérioration de la situation sécuritaire et des droits humains au Burundi. Les services du Haut-Commissaire Zeid soulignent que depuis le 26 avril dernier, près de 198 personnes ont été tuées dont 63 au cours des seules trois dernières semaines. Et les événements de Ngagara sont une illustration de cette nouvelle vague de violence. Et certaines de ces exactions seraient l'œuvre de l'Unité d'Appui pour la protection des institutions (API).

En effet, le 13 octobre dernier, au moins neuf civils ont été tués dans la banlieue, suite à des fusillades dans plusieurs quartiers de la capitale burundaise. Ces civils, dont un employé de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Evariste Mbonihankuye, auraient été abattus à bout portant. Le Haut-Commissariat met en cause des éléments de la police burundaise, notamment l'Unité d'Appui pour la protection des institutions (API).

Outre l'employé de l'OIM, figurent parmi les victimes, Christophe Nkezabahizi, un caméraman de la RTNB (télévision nationale burundaise) ainsi que sa femme et ses deux enfants.

Par ailleurs, les services du Haut-Commissaire Zeid font état de la mort de quatre autres personnes dont un mineur lors d'un incident séparé ayant eu le même jour et dans la même zone. Des exactions qui impliquent également la police burundaise.

Dans ces conditions, s'il salue la décision du parquet burundais d'ouvrir une enquête sur ces meurtres, le Haut-Commissariat invite Bujumbura à mener une enquête impartiale et indépendante sur les circonstances et les motivations de ces crimes odieux afin de s’assurer que leurs auteurs soient traduits en justice.

La crise au Burundi dure depuis plusieurs mois, suite à la décision du Président Pierre Nkurunziza de se représenter pour un troisième mandat, qui a donné lieu à des heurts violents entre l’opposition et les partisans du Président sortant. Ce dernier a été réélu lors du scrutin présidentiel organisé le 21 juillet 2015. La crise a poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir dans les pays voisins afin d’échapper aux violences.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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14/12/2017
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