Ban Ki-moon plaide devant l’Assemblée générale pour une amélioration des opérations de paix de l’ONU

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Des Casques bleus de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL). Photo : MINUL / Staton Hiver

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a demandé lundi aux Etats membres de l’Organisation de prendre une série de mesures concrètes au cours de la prochaine année et demie afin de renforcer les opérations de paix des Nations Unies.

« Ces dernières années, nous avons tous été de plus en plus préoccupés par les défis croissants auxquels sont confrontées les opérations de paix des Nations Unies – aussi bien les opérations de maintien de la paix que les missions politiques spéciales », a déclaré M. Ban lors d’un débat à l’Assemblée générale des Nations Unies sur le renforcement des opérations de paix de l’Organisation.

Le Secrétaire général a rappelé qu’il avait nommé il y a de cela un an un Groupe d’experts indépendants chargé de proposer une série de mesures pour redynamiser ces opérations.

Dirigé par l’ancien Président du Timor-Oriental, José Ramos-Horta, et l’ancienne Secrétaire générale adjointe de l’ONU, Ameerah Haq, le Groupe a remis son rapport contenant des recommandations pour améliorer les opérations de paix à M. Ban en juin 2015.

« La tâche était difficile et le temps imparti relativement court. Mais le Groupe d’experts s’en est acquitté et a présenté un rapport à la fois sensé et audacieux », a salué le chef de l’ONU, qui a remis le mois dernier aux Etats membres son propre rapport sur la question, dans lequel il appuie les recommandations formulées par les experts indépendants et identifie des mesures prioritaires.

Le rapport du Secrétaire général définit en effet un programme d’actions à mettre en œuvre au cours des 18 prochains mois.

« Premièrement, nous devons faire de la prévention et de la médiation la pièce maitresse de la paix et la sécurité internationales. Une intervention précoce peut épargner des vies et de l’argent », a déclaré M. Ban, appelant à l’utilisation d’un ensemble plus complet d’outils de prévention, y compris les bons offices du Secrétaire général.

« Deuxièmement, nous devons changer la façon dont nous planifions et conduisons les opérations de paix de l’ONU », a affirmé M. Ban, insistant sur une mobilisation plus rapide et adaptable des ressources et du personnel pour limiter la propagation de la violence et saisir les opportunités de résoudre les conflits avant qu’ils ne dégénèrent.

Une telle évolution suppose, selon le Secrétaire général, de mettre fin à l’approche actuelle qu’il a qualifié de « schématique » au profit d’efforts plus ciblés, avec des mandats adaptés aux exigences spécifiques sur le terrain. Elle implique également une répartition plus claire des tâches entre le Conseil de sécurité de l’ONU et les pays contributeurs de troupes et de personnel de police.

« Troisièmement, nous avons besoin de partenariats plus solides et plus nombreux », a préconisé M. Ban, expliquant que les opérations de paix efficaces sont celles au sein desquelles de nombreux acteurs sont impliqués (agences de l’ONU, troupes et personnel de police mis à disposition par les pays contributeurs, organisations régionales, pays d’accueil, etc.).

Le Secrétaire général a rappelé qu’un examen intergouvernemental est actuellement en cours afin préparer la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur la participation des femmes dans les processus de paix.

M. Ban a également insisté sur l’importance pour le personnel de l’ONU déployé sur le terrain de faire preuve d’un sens moral irréprochable, sous peine d’être tenu pour responsable dans le cas contraire.

« Nous devons travailler ensemble pour éliminer le fléau de l’exploitation et des abus sexuels, qui ternit la réputation de l’Organisation et porte atteinte à la contribution de tant d’hommes et de femmes courageux », a déclaré le chef de l’ONU.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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20/10/2017
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