AG70: Allocution de S.E. M. Michel Kafando, Président de transition du Burkina Faso

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S.E. M. Michel Kafando, Président de transition du Burkina Faso.

Retrouvez ici le discours de S.E. M. Michel Kafando, Président de transition du Burkina Faso.

« Je suis venu ici pour dire que la transition que je dirige est le fruit de l'insurrection populaire d'octobre 2014, pour dire non à l'arbitraire, au népotisme et à l'injustice d'un régime antidémocratique et pour plaider pour la liberté et la démocratie », a déclaré M. MICHEL KAFANDO, Président de la transition, Ministre de la défense nationale et des anciens combattants, Ministre de la sécurité du Burkina Faso.

« Oui, devant cette Assemblée, je suis venu exalter la liberté, la vraie liberté. »  « Je veux exalter la liberté tout court.  Pour en avoir été privé un moment, j'en mesure désormais le prix », a solennellement ajouté M. Kafando.  S'attardant sur la situation dans son pays, il a déploré qu'au Burkina Faso, « des prétoriens d'un autre âge, ramant à contre-courant de l'histoire », aient tenté de confisquer la démocratie « pour assouvir leurs ambitions sordides ».  Le Président du Burkina Faso a remercié la communauté internationale, grâce à laquelle « je parle librement devant, chose impensable il y a seulement deux semaines lorsque je me suis retrouvé dans les geôles de la sédition ».

M. Kafando est revenu sur les événements du 16 septembre dernier, lorsque son pays avait été victime d'un coup d'État « ignoble, perpétré par des officiers à la solde de politiciens revanchards ».  « C'était sans compter avec le peuple burkinabé », a-t-il dit, en précisant que la riposte nationale et populaire avait été spontanée pour barrer la route à « ces aventuriers-là ».  M. Kafando a tenu à dire merci « à tous les pays sans exception, ainsi qu'aux organisations internationales, sans oublier les journalistes de par le monde, qui se sont rapidement mobilisés pour faire échouer ce coup de force, permettant ainsi un retour à la normalité et à la légitimité ».  Il a conclu cette partie de son discours en demandant aux Nations Unies de continuer à soutenir les efforts du peuple burkinabé pour ancrer une démocratie réelle au Burkina Faso, notamment « à travers la tenue d'élections libres et transparentes que nous allons bientôt organiser ».

Il a ensuite assuré que son pays était pleinement engagé en faveur de l'action initiée par l'ONU pour parvenir à des résultats en matière de développement durable « tangibles et obtenus sur la base de programmes ambitieux et pragmatiques ».  « Le Programme d'action adopté à la troisième Conférence internationale sur le financement du développement, jette les bases d'une mise en œuvre efficace du Programme de développement durable à l'horizon 2030 que nous venons d'adopter », a-t-il noté, en fondant l'espoir que le consensus forgé autour des objectifs du développement durable (ODD) sera porteur de bien-être social et économique pour les peuples.  À cet égard, il a jugé qu'un pacte environnemental signé à la COP21 pourrait permettre de renforcer la protection de la planète contre les changements climatiques et les agressions environnementales découlant des abus de la société de consommation.

S'exprimant ensuite sur la paix et la sécurité internationales, M. Kafando a déclaré que le Burkina Faso contribuerait aux efforts de la communauté internationale pour combattre le terrorisme et l'extrémisme violent, et qu'il encourageait une solution politique concernant le Sahara occidental: « Le Burkina Faso réaffirme son adhésion à l'Initiative du Maroc pour un statut d'autonomie de la région du Sahara occidental, comme alternative crédible et réaliste dans le dénouement de ce différend », a-t-il ainsi dit.  Après avoir, à son tour, demandé la levée totale de l'embargo sur Cuba, M. Kafando a estimé indispensable d'intensifier la coopération internationale pour permettre le relèvement des pays durement éprouvés par l'épidémie d'Ebola.

 

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11/12/2017
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