Yémen : situation « plus que tragique » pour les enfants selon Leila Zerrougui

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Hanadi a deux ans et huit mois et souffre de malnutrition. Elle ne pèse que sept kilos et ne peut pas marcher. Depuis l’intensification des combats au Yémen, sa famille ne trouve plus suffisament de nourriture. Photo: © UNICEF/ UNI191720/Yasin

Face à la situation « plus que tragique » que subit la population yéménite suite au conflit dans son pays, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés a déclaré cette semaine qu'il est «de plus en plus important» pour le Conseil de sécurité des Nations Unies et la communauté internationale de promouvoir le dialogue politique visant à mettre fin aux violations contre les enfants.

Selon Leila Zerrougui, l’ampleur des meurtres et mutilations d’enfants a fortement augmenté en 2015.

Plus de 400 enfants ont été tués et plus de 600 blessés entre le 26 mars et le mois d'août, lorsque le conflit a connu une une escalade dans le conflit avec le lancement de frappes aériennes par une coalition menée par l’Arabie saoudite, selon les chiffres des Nations Unies.

“Le nombre d’enfants tués et mutilés a déjà triplé par rapport pendant la totalité de 2014″, a affirmé Leila Zerrougui.

«Je suis consterné par le niveau élevé d’enfants victimes, ce qui indique un échec par les parties au conflit à faire la distinction entre objectifs civils et militaires, et de prendre des mesures de précaution pour éviter et minimiser les pertes civiles,” a-t-elle ajouté.

Selon la Représentante spéciale, 73% des décès d’enfants et de blessures au cours du deuxième trimestre de 2015 ont été attribués à des frappes aériennes de la coalition menées par l'Arabie saoudite, alors que 18% des décès d’enfants et 17% des blessures d’enfants ont été attribués aux forces Al Houthi au cours de la même période.

Aussi les rapports indiquent une «augmentation marquée dans les attaques et l’utilisation militaire des écoles » depuis mars, tandis que la violence avait en outre pris un “lourd tribut sur les travailleurs de l’éducation.”

La Représentante spéciale a souligné que le nombre d'attaques vérifiées sur les hôpitaux avaient été multiplié par six, du premier au second trimestre de cette année. Leila Zerrougui a affirmé que la destruction jumelée à l’insécurité due au conflit risquaient d’avoir un impact sérieux sur l’accès aux soins de santé.

(Interview : Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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17/10/2017
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