Ukraine : l'ONU dénonce une instrumentalisation de l'assistance humanitaire

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Distribution d'eau par l'UNICEF à Debaltsevo, dans la région de Donetsk, en Ukraine. Photo UNICEF/A. Filippov

Au moins 8 050 personnes sont mortes depuis le début du conflit en Ukraine en avril 2014. Devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU ce mardi à Genève, le Sous-Secrétaire général pour les droits de l'homme a rappelé que plus d'un million et demi de personnes sont inscrits auprès du gouvernement ukrainien comme réfugiées. Cela donne, selon Ivan Šimonović, une indication de l'ampleur des souffrances humaines induites par ce conflit.

 

Les Ukrainiens continuent de payer un lourd tribut dans ce conflit dans l'Est du pays. Sept mois après le cessez-le-feu du 15 février dernier, près de 196 civils ont été tués. Kiev et les groupes séparatistes sont accusés d'être responsables des bombardements aveugles sur les populations civiles. Malgré ces pertes en vies humaines, le Sous-Secrétaire général de l'ONU pour les droits de l'homme note que le cessez-le-feu tient encore. Mais pour Ivan Šimonović, l'urgence est d'assurer une forte présence humanitaire dans l'est de l'Ukraine, où les premiers cas de poliomyélite ont été détectés.

« Il semblerait que des combats actifs étaient remplacés par une politisation et une instrumentalisation de l'assistance humanitaire par les deux parties, comme un nouvel outil de guerre, a relevé le Sous-Secrétaire général. Nous sommes particulièrement préoccupés par la décision récente des autorités de la « république populaire de Louhansk », de demander le départ  de tous les membres internationaux des entités humanitaires des Nations Unies et des organisations non gouvernementales internationales ».

Ivan Šimonović redoute une dégradation de la situation dans ces territoires de l'Est ukrainien surtout à l'approche de l'hiver.

Lors des débats, la Russie s'est préoccupée de la situation humanitaire à l'Est de l'Ukraine, tout en regrettant le très peu d'attention porté sur les crimes commis par les groupes nationalistes, notamment à Odessa. De son côté, Kiev a rappelé que l'Ukraine a accepté la juridiction de la Cour pénale internationale, une contribution à la lutte contre l'impunité pour les auteurs de graves crimes.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore d'Ivan Šimonović, Sous-Secrétaire général de l'ONU pour les droits de l'homme)

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11/12/2017
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