Syrie et Iraq : les raisons d’un exil en Europe

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De jeunes réfugiés originaires du Moyen-Orient à Nickelsdorf, en Autriche (photo: UNHCR/F. Rainer).

Plus de 429.000 Syriens ont demandé l'asile en Europe. Et le récent afflux de réfugiés originaires du Moyen-Orient ne fera qu'accentuer cette pression dans la mesure où le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés estime à 8.000 personnes le nombre de réfugiés qui débarquent quotidiennement en Europe. Et les raisons invoquées par les Syriens pour justifier cet exil en Europe vont de l'intensification des combats aux dures conditions de vie sur place.

 

L’intensification de la guerre civile et la dégradation de la situation humanitaire sur le terrain ont finalement poussé des millions de Syriens à l’exil. Ils sont plus de quatre millions à se réfugier dans les pays voisins, au Liban, en Turquie, en Iraq ou en Jordanie. Et désormais une petite partie se dirige vers l’Europe.

 « Il s'agit majoritairement de personnes qui fuient des conflits ou des persécutions, qui fuient la Syrie, mais également l'Afghanistan ou l'Iraq ou qui fuient des persécutions en Erythrée », souligne Céline Schmitt, porte-parole du HCR à Paris.

La majorité des réfugiés qui débarquent en Grèce proviennent de régions où sévissent des conflits comme la Syrie. Ils fuient tout simplement afin de rester en vie. Une façon pour le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés de rappeler qu'il n'y aurait pas eu une crise de réfugiés sans une guerre sanglante et la mort de milliers de civils. Et la majorité de ceux qui tentent la périlleuse traversée de la Mer Méditerranée pour rejoindre l'Europe sont Syriens. Des Syriens passés par la Turquie voisine avant de poursuivre le chemin européen par la Grèce.

« Aucun espoir, désespoir et un avenir en pointillé » : Amin Aouad, Coordinateur régional du HCR pour les réfugiés syriens se fait le porte-parole des réfugiés syriens.

Sur les raisons de ces importants mouvements de populations à l'intérieur du pays et l'exil des Syriens dans les pays voisins, les témoignages des réfugiés recueillis par le HCR recourent généralement aux mêmes formules : « incertitudes sur l'avenir en Syrie et perte de tout espoir ».

Des mots qui recouvrent une série de raisons, où se mêlent l’intensification du conflit, mais aussi les dures conditions de vie sur place, l'éducation des enfants ou les obstacles notés lors du renouvellement des permis de résidence.

Dans ces conditions, le HCR note que près 8.000 personnes franchissent quotidiennement les frontières européennes. Un afflux qui ne devrait pas diminuer. D'autant plus que la situation en Iraq est aussi préoccupante.

Selon Dominik Bartsch, Coordinateur humanitaire adjoint de l’Onu en Iraq, « près de dix millions de personnes auront besoin d’une assistance humanitaire d’ici la fin de l’année dans ce pays où 3,2 millions de personnes ont été déplacées en raison de la guerre ».

Et pour  revenir à la Syrie, quatre ans et demi de guerre ont eu raison du moral des réfugiés et des déplacés internes syriens. Et du côté des agences humanitaires, l'équation est multiple. Alors que les besoins n’ont cessé d’augmenter, elles doivent faire face à un sous-financement chronique. Les Nations unies n’ont reçu que 41 % des 4,5 milliards de dollars budgétés cette année pour venir en aide aux réfugiés syriens.  D'où la satisfaction de l'ONU après l'annonce de l'Union européenne d'octroyer un milliard de dollars pour les opérations humanitaires en Syrie.

 « Une des causes des mouvements de réfugiés vers l'Europe, c'est justement le fait qu'on est en train de couper les programmes, même la distribution de nourriture, aux réfugiés syriens, fait remarquer William Splinder, porte-parole du HCR. Cette annonce de l'Union européenne d'une mobilisation de fonds importants vers les premiers pays d'accueil des réfugiés est importante. Même si ce n'est pas suffisant parce que les besoins financiers des programmes pour les réfugiés syriens sont encore plus importants que le milliard de dollars annoncé ».

Les organismes humanitaires se gardent toutefois de faire un lien entre l'impact des meilleures conditions de vie dans les camps de réfugiés en Syrie sur l'afflux de migrants en Europe.

 

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec des extraits sonores de Dominik Bartsch, Coordinateur humanitaire adjoint de l’Onu en Iraq ; Amin Aouad, Coordinateur régional du HCR pour les réfugiés syriens ; William Splinder, porte-parole du HCR ; et Céline Schmitt, porte-parole du HCR)

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18/10/2017
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