Roms : l’ONU dénonce les expulsions forcées en France en Bulgarie

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Des déplacés roms au Sud-Est de l’Europe (photo d’archives: UNHCR/L. Taylor)

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a dénoncé les expulsions forcées de Roms et de gens du voyage qui ont lieu dans plusieurs Etats européens, dont celles survenues récemment en France et en Bulgarie. Selon Zeid Ra'ad Al Hussein, les expulsions forcées de Roms et de gens du voyage ont continué ces dernières années dans plusieurs pays de la région, (en plus de la France et la Bulgarie) dont l’Albanie, la République tchèque, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Roumanie, la Russie, la Serbie, la Turquie et le Royaume-Uni.

En France, « l’expulsion forcée et péremptoire de plus de 150 habitants du bidonville de migrants Roms situé dans la municipalité de La Courneuve le 28 août a été vivement critiquée par les organisations de la société civile et par le Défenseur des droits ». Zeid Ra'ad Al Hussein a noté que les événements de La Courneuve ne sont que les derniers d’une série d’expulsions forcées collectives de migrants Roms en France depuis 2012 et a fait part de sa préoccupation devant des rapports faisant état de nouvelles expulsions à venir.  « Il apparait de plus en plus clairement qu'il existe une politique nationale systématique d’expulsions de force des Roms », a dit le Haut-Commissaire dans un communiqué.

En Bulgarie, suite à des émeutes anti-Roms en juillet, les autorités ont annoncé qu’elles prévoyaient l’expulsion de Roms du campement de Kremikovtzi dans la municipalité de Gurmen. L’expulsion forcée a été reportée après une demande devant la Cour européenne des droits de l’homme pour que des mesures intérimaires soient imposées. Le 4 septembre, la Cour a décidé de ne pas imposer de mesures intérimaires après que le gouvernement l'ait informée que l’expulsion avait été reportée au 30 septembre afin qu’un hébergement alternatif puisse être trouvé.  Les autorités bulgares ont néanmoins procédé à l’expulsion le 7 septembre et, selon des sources de la société civile, aucun hébergement alternatif n’a été proposé. Au total, 41 personnes, dont 21 enfants, sont devenues sans abri.

M. Zeid explique notamment craindre de nouvelles expulsions à Gurmen en Bulgarie, ainsi que dans l’autre municipalité bulgare de Varna, où il est prévu de démolir plusieurs maisons de Roms et ce alors qu’aucun hébergement alternatif ne semble prévu.

Il note en revanche des « développements positifs récents », notamment le fait que les autorités serbes aient interrompu l’expulsion forcée du campement Rom de Grmec.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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16/10/2017
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