RDC : Denis Mukwegue et Martin Kobler condamnent l’interdiction du film « L’Homme qui répare les femmes »

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Le Dr Mukwegue à l’ONU. Photo d’archive. (Photo: ONU)

En République démocratique du Congo le chef de la MONUSCO, Martin Kobler, et le Dr Denis Mukwegue, gynécologue de l’hôpital de Panzi (Bukavu) qui soigne les femmes violées, ont tous deux condamné l’interdiction dans le pays de la diffusion du film «L’homme qui répare les femmes. La colère d’Hippocrate».

Le film de Thierry Michel et Colette Braeckman documente l'œuvre du surnommé «réparateur des femmes ».

Les autorités congolaises ont interdit, mercredi dernier, la diffusion de ce film car certains passages seraient inacceptables car ils porteraient préjudice à l’armée congolaise.

Dans un communiqué publié vendredi 4 septembre, le Dr Denis Mukwenge  estime que la censure de ce documentaire « met en évidence la volonté du gouvernement de refuser au peuple congolais son droit d’accès à l’information.»

« Ce film a été fait pour eux. Ce film leur appartient. Son histoire et son droit à la mémoire collective et à la vérité lui sont niés dans le but de mieux le manipuler et le contrôler », s’est ainsiexprimé dans un communiqué celui que l'on surnomme le «Réparateur des femmes».

Le responsable de l’hôpital de Panzi trouve «incompréhensible que les témoignages des femmes et des acteurs de la société civile retraçant la dure réalité vécue par des dizaines de milliers de femmes ces vingt dernières années, mais aussi leur faculté à retrouver la force de vivre avec dignité, puissent inquiéter outre mesure les autorités qui ont pris la décision de l’interdire».

« Nous vivons en RD Congo dans un climat d’oppression, de dégradation de la situation des droits humains et de rétrécissement de l’espace des libertés fondamentales », a aussi estimé le médecin.

Il dit garder espoir que cette mesure d’interdiction sera temporaire, « car la vérité, même si elle dérange certains, a toujours vocation à voir le jour ».

Le Chef de la Mission des Nations Unies pour  en RDC (MONUSCO), Martin Kobler, a aussi condamné l’interdiction de diffusion de ce film en RDC. Dans un communiqué publié vendredi 4 septembre, il dit penser qu’il appartient au public congolais « de se faire une idée du drame vécu par des milliers de femmes congolaises victimes de viols».

« La sensibilisation contre ces viols, facteur important dans la lutte contre les violences faites aux femmes, doit nous pousser davantage à lutter contre toute tentative de censure», a déclaré Martin Kobler qui a par ailleurs exhorté les autorités congolaises, « à revoir leur décision ».

 

(Mise en perspective :  Radio Okapi)

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15/12/2017
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