OMS / Europe : le risque que les réfugiés importent des maladies rares ou exotiques est faible

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Des réfugiés dans un centre d’enregistrement en Hongrie (photo: UNHCR_M.Henley).

En réponse au nombre croissant de réfugiés et de migrants arrivant dans la Région européenne, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) apporte son soutien aux pays moyennant la livraison de fournitures médicales, l'évaluation de la préparation nationale en vue de venir en aide aux personnes dans le besoin, la formation du personnel aux points d'entrée dans le domaine de la santé publique et de la migration, et la mise à disposition de matériel et de documents d'information.

« Étant donné l'augmentation de l'afflux des migrants et l'évolution des routes qu'ils empruntent, davantage de pays européens doivent relever ce défi », a déclaré le docteur Zsuzsanna Jakab, Directrice régionale de l'OMS pour l'Europe.

« Aujourd'hui plus que jamais, cette situation exige une action de santé publique régionale, globale et systématique. Comme les réfugiés et les migrants se déplacent, la coordination doit être renforcée au niveau international dans la Région européenne, ainsi qu'avec les pays d'origine et de transit ».

Plus de 350 000 réfugiés et migrants ont atteint les pays d'Europe rien qu'en 2015, venant s'ajouter aux quelque 2 millions de personnes ayant trouvé refuge en Turquie. Selon les estimations du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), 850 000 personnes demanderont le statut de réfugié en Europe cette année ainsi qu'en 2016.

Même si l'idée qu'il existe un lien entre les migrations et l'importation de maladies infectieuses est répandue, cette association n'est pas systématique, souligne l'OMS.

Le risque d'importation en Europe d'agents infectieux rares et exotiques tels que les virus Ebola, Marburg et Lassa ou le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) par les réfugiés ou les migrants est extrêmement faible.

Par exemple, les 15 cas de MERS-CoV signalés dans la Région européenne de l'OMS depuis 2012 ont été importés par des voyageurs ou des touristes, et non par des réfugiés ou des migrants. Pas un seul cas d'Ebola n'a été importé en Europe par ces populations.

Les pays d'où sont originaires la plupart des réfugiés et des migrants présentent souvent des niveaux plus élevés de vaccination et, par conséquent, une plus faible incidence des maladies à prévention vaccinale (comme la rougeole) qu'un certain nombre de pays européens.

(Interview: Docteur Guénaël Rodier, Directeur de la Division des maladies infectieuese OMS/Europe; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

Classé sous Le Journal, Reportages, Santé.
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20/10/2017
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