L'UNESCO salue la première inculpation par la CPI pour destruction de monuments historiques à Tombouctou

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La Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova. Photo : ONU/Mark Garten

La Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a salué samedi le transfèrement d’un extrémiste présumé devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye afin qu’il soit jugé pour la destruction de monuments religieux et historiques au Mali.

« Je félicite la Procureure Fatou Bensouda et les autorités du Mali et du Niger pour le transfèrement du premier suspect de la CPI poursuivi pour crime de guerre en lien avec la destruction intentionnelle de monuments historiques et d’édifices à Tombouctou, au Mali », a déclaré la Directrice générale dans un communiqué de presse rendu public à New York.

Le suspect a été transféré à la CPI depuis le Niger. Il devra répondre de l’accusation de crime de guerre conformément au statut de Rome de la CPI, qui qualifie de crimes de guerre les attaques directes contre des bâtiments dédiés à la religion, l’éducation, l’art, la science ou l’action caritative et contre des monuments historiques.

L’UNESCO a mené un mouvement mondial pour dénoncer les destructions des mausolées et des monuments de la ville de Tombouctou, au Mali, lorsqu’ils sont tombés entre les mains des extrémistes violents en 2012, a rappelé Mme Bokova.

« Le patrimoine culturel du Mali appartient à toute l’humanité. Il est crucial que les criminels soient traduits en justice », a déclaré la Directrice générale. « C’est une question de justice pour le Mali, les identités et l’histoire de son peuple. C’est une question de justice pour toutes les femmes et les hommes partout dans le monde ».

« C’est le premier cas de ce type et il ouvre des perspectives nouvelles pour la protection du patrimoine et des valeurs partagés de l’humanité », a affirmé Mme Bokova.

L’UNESCO a travaillé en concertation avec le gouvernement et les communautés locales au Mali et à Tombouctou pour restaurer et reconstruire les mausolées détruits. Lors de sa visite dans le pays en juillet dernier, la Directrice générale avait pu constater le succès de cette reconstruction.

Lieux de pèlerinage au Mali et dans les pays limitrophes d’Afrique occidentale, les mausolées de Tombouctou, dont les plus anciens remontent au XIIIe siècle, étaient des composantes essentielles du système religieux local. Selon la croyance populaire, ils étaient le rempart qui protégeait la ville de tous les dangers. Parmi ces mausolées, 16 sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, dont 14 d’entre eux avaient été saccagés en 2012.

(Extrait sonore : Fatou Bensouda, Procureurede la Cour pénale internationale)

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20/10/2017
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