L’ONU requiert une meilleure participation internationale pour juguler les crises humanitaires

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Ban Ki-moon le Secretaire general de l'ONU et le Premier Ministre turc, Ahmet Davutoğlu, lors de la réunion de haut-niveau sur le sommet humanitaire mondial. Photo ONU/Mark Garten

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé mercredi les États membres à participer activement aux discussions sur la façon de combler le fossé grandissant entre les besoins humanitaires dans le monde et les ressources disponibles pour y répondre.

« L’ampleur et le coût de la réponse aux besoins humanitaires dépassent de plus en plus notre capacité opérationnelle », a constaté M. Ban lors d’un évènement spécial sur le thème du futur Sommet humanitaire mondial, qui aura lieu en mai 2016 en Turquie.

« En accueillant tant de réfugiés fuyant la crise syrienne – plus de deux millions de personnes au total – la Turquie a démontré son engagement admirable en faveur de l’action humanitaire », a salué le Secrétaire général au début de l’évènement, qui était organisé au siège de l’ONU à New York, en marge du débat général de la 70ème Assemblée générale des Nations Unies.

« En ce moment même, plus de 60 millions de personnes dans le monde ont été forcées d’abandonner leurs maisons à cause de la violence et de la persécution », a poursuivi M. Ban, ajoutant qu’une crise des réfugiés d’une telle magnitude ne s’était pas produite depuis la Seconde Guerre mondiale.

« La moitié d’entre eux sont des enfants », a-t-il souligné.

Aux nombre des causes de l’augmentation des besoins humanitaires, le Secrétaire général a mentionné en premier lieu les conflits, dont l’enlisement, en l’absence de solutions politiques, génère des crises humanitaires prolongées.

« Alors que la population mondiale augmente, ainsi que l’extrême pauvreté, l’inégalité croissante et l’urbanisation rapide et non-planifiée, les risques naturels sont de plus en plus importants », a-t-il ajouté, soulignant que le changement climatique est également à l’origine de l’augmentation du « stress humanitaire ».

« Nous devons inverser cette tendance », a déclaré le Secrétaire général, ajoutant que depuis son annonce en septembre 2013 de la tenue du Sommet humanitaire mondial, un processus global de consultation a vu le jour, impliquant 23.000 personnes dans 151 pays.

« Le monde nous demande de transformer la façon dont nous apportons [une assistance humanitaire] à nos frères humains dans le besoin », a déclaré le M. Ban.

Le rapport de synthèse des consultations engagées dans la perspective du Sommet, a-t-il ajouté, propose cinq grands domaines d’intervention autour desquels s’articuleront les discussions en mai prochain en Turquie : la dignité, la sécurité, la résilience, les partenariats et la finance.

Outre ce rapport de synthèse, le Secrétaire général rendra public au cours du mois de novembre le rapport du Groupe de haut niveau sur le financement humanitaire créé à sa demande en mai dernier.

Coprésidé par la Vice-présidente de la Commission européenne, Kristalina Georgieva, de la Bulgarie, et par le Sultan Nazrin Shah, de la Malaisie, ce Groupe est chargé d’identifier des solutions pour combler le fossé grandissant entre les ressources disponibles et les besoins de financement des efforts humanitaires.

« Ces recommandations aideront à encadrer les discussions lors du Sommet humanitaire mondiale », a expliqué le chef de l’ONU, tout en demandant aux chefs d’État et de gouvernement de participer au Sommet à Istanbul en mai prochain.

« Agissons collectivement et avec humanité pour rassurer les personnes en situation de crise et de détresse », a appelé en conclusion le chef de l’ONU.

(Extrait sonore de Didier Bukhalter, Ministre des Affaires Étrangères de la Suisse)

 

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14/12/2017
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