Genève : la Chef adjointe aux droits de l'homme de l’ONU plaide pour la dépénalisation de l'usage des drogues

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Le Conseil des droits de l’homme à Genève. UN Photo / Jean-Marc Ferré

Le Conseil des droits de l'homme a tenu, ce lundi à Genève, une table-ronde consacrée aux « effets du problème mondial de la drogue sur la jouissance des droits de l'homme », avec la participation de plusieurs experts des gouvernements, du système des Nations Unies et de la société civile. Lors des débats, des experts ont souligné que la guerre actuelle contre la drogue entraîne des violations des droits humains qui exigent que les États adoptent désormais « une  attitude plus humaine et des politiques plus intelligentes ». De son côté, Flavia Pansieri, Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l'homme a plaidé pour la dépénalisation de l'usage des drogues.

 

La Haut-Commissaire adjointe aux droits de l'homme a plaidé pour la dépénalisation de la drogue. Mais Flavia Pansieri insiste bien sur la décriminalisation et non pas sur la légalisation. Lors d'un panel organisé ce lundi au Conseil des droits de l'homme, elle a repris certaines conclusions du Rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à la santé, mais aussi de de l'OMS et l'ONUSIDA qui ont déjà appelé à la dépénalisation de l'usage des drogues. Flavia Pansieri note que dans les Etats où la consommation de drogue est une infraction, les consommateurs peuvent s'abstenir de demander des soins médicaux par crainte d'être incarcérés ou d'être fichés. Et cette peur d'arrestation dissuade les toxicomanes à demander assistance aux professionnels de la santé, avec comme conséquence un usage risqué pouvant conduire à une multiplication d'infections, d'accidents vasculaires ou des risques de surdose. Selon Flavia Pansieri, tous ces obstacles posent la question de la dépénalisation de l'usage des drogues.

« Pour toutes ces raisons, le rapport approuve l'appel du Rapporteur spécial sur le droit à la santé, de l’OMS et de l’ONUSIDA invitant les États à envisager la dépénalisation de la possession et de l’utilisation de drogues.  On estime que près de 33 pays ou territoires continuent d’imposer la peine de mort pour des délits liés à la drogue. Ce qui aboutit  à plus de 1.000 exécutions par an. Dans certains États, les infractions liées à la toxicomanie donnent lieu à la majorité des exécutions effectuées ».

Par ailleurs, la lutte contre la drogue peut entraîner d'autres violations des droits fondamentaux des minorités ethniques, des femmes et des enfants. Dans ce contexte, le rapport du Haut-Commissaire souligne que les enfants ne devraient pas être poursuivis au pénal, conformément à une recommandation du Comité des droits de l'enfant qui préconise des mesures sur le plan de l'éducation à la santé et de la réinsertion sociale.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore de Flavia Pansieri, Haut-Commissaire adjointe aux droits de l'homme)

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23/10/2017
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