Conseil des droits de l'homme : haro sur Boko Haram

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Des réfugiés dans le camp de Minawao, au Cameroun, après avoir fui la violence perpétée par Boko Haram dans le nord du Nigéria. Photo : PAM / S. Engdahl

Les atrocités de Boko Haram ont forcé plus de 2,3 millions de personnes à quitter leurs maisons dans les pays du Bassin du Lac Tchad. Et parmi ces déplacés figurent 1,4 millions d'enfants.  Même si le Nigéria est le pays le plus touché par les atrocités commises par les djihadistes, les trois autres pays du bassin du lac Tchad, le Niger, le Cameroun et le Tchad, sont aussi affectés.

Devant le Conseil des droits de l'homme, la Haut-Commissaire adjointe est revenue sur sa récente visite dans l’État de Borno, au Nigeria. Flavia Pansieri s'est particulièrement préoccupée du sort de nombreuses femmes et jeunes filles victimes des atrocités de Boko Haram, dont certains sont enceintes ou ont donné naissance à des enfants suite aux viols commis par des membres de Boko Haram.

« Des équipes du Haut-Commissariat ont été déployées au Cameroun, Tchad, Niger et Nigeria où elles ont pu recueillir des témoignages de la part des victimes, fait remarquer Flavia Pansieri, Haut-Commissaire adjointe de l'ONU aux droits de l'homme. Il s'agit d'allégations de violations de droits de l'homme commises au regard du droit international humanitaire par Boko Haram, notamment des assassinats, le recours des enfants dans les combats, des cas de viols, de torture et de mauvais traitements.  Etant donné leur nature et leur échelle, certains de ces actes s'ils sont confirmés devant un tribunal, pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.

Bien que la majorité des victimes peuvent être imputées à Boko Haram, le Haut-Commissariat a également reçu des informations sur des allégations de violations des droits de l'homme et du droit humanitaire commises par des agents de l'Etat, notamment des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, des cas de torture, d'arrestations et de détention ».

Dans ces conditions, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme demande aux forces de sécurité des Etats engagés dans la lutte contre Boko Haram de respecter les droits de l’homme dans le cadre de leur lutte contre le groupe terroriste.

Lors des débats, l'Algérie, au nom du Groupe africain, a plaidé pour qu'une assistance technique nécessaire soit fournie à la Force opérationnelle multinationale interarmées pour lui permettre de poursuivre efficacement la guerre contre les groupes terroristes.

(Extrait sonore : Flavia Pansieri, Haut-Commissaire adjointe de l'ONU aux droits de l'homme)

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11/12/2017
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