Centrafrique: l'ONU condamne des violences voulant faire dérailler le processus de paix

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Des Casques bleus de la MINUSCA patrouillent à Bambari. Les humanitaires redoutent les conséquences de cette dernière vague de violence en République centrafricaine. Photo : ONU/C. Tijerina

Au moins 37 personnes ont été tuées dans les récentes violences à Bangui, et 27.400 autres ont été déplacées en quelques jours dans la capitale centrafricaine. Un assassinat a été le détonateur à cette nouvelle explosion de violences communautaires suite à l'assassinat d'un conducteur de moto-taxi égorgé samedi matin au PK-5. Cette nouvelle flambée inquiète le Haut-Commissariat aux droits de l'homme qui demande d'arrêter de toute urgence ce qui semble être une tentative délibérée pour faire dérailler le processus de paix en cours et les progrès importants réalisés en RCA au cours des 18 derniers mois.

 

Malgré le couvre-feu imposé par le gouvernement dans la capitale Centrafricaine, la situation dans Bangui reste toujours tendue. Violences et pillages de commerces, de maisons, d’entrepôts et de bureaux d'organismes humanitaires ont jusqu'ici émaillé ces trois jours de violence dans la capitale centrafricaine.  Bangui serait paralysé mardi matin pour la troisième journée consécutive par des barricades tenues par des groupes de manifestants qui bloquaient les principaux axes routiers. Signes de cette inquiétude, plus de 500 détenus se sont également évadés hier de la prison centrale Ngaragba à Bangui.

Dans ces conditions, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme qualifie cette nouvelle situation de « moment crucial pour la République centrafricaine », non sans appeler les autorités de la transition à travailler étroitement avec la Mission onusienne (MINUSCA) et les autres forces internationales afin d'arrêter de toute urgence cette nouvelle vague de violence.

Même son de cloche du côté du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) qui craint que « la violence vécue actuellement à Bangui soit un retour aux jours sombres de la fin 2013 et de 2014, lorsque des milliers de personnes ont été tuées et des dizaines de milliers ont dû fuir leurs foyers ».

Le HCR estime qu'au moins 27.400 personnes ont été déplacées depuis samedi. Environ 10.000 d’entre elles se sont réfugiées dans le camp de l’aéroport M’Poko à Bangui, où se trouvaient déjà quelque 11.000 personnes. « Ce qui représente une augmentation de 100% », selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).

Selon le HCR, près de 840.000 personnes ont été déracinées par les violences en République centrafricaine. Quelque 370.000 d’entre elles sont déplacées internes, et plus de 470.000 réfugiés centrafricains vivent en exil, principalement au Cameroun, au Tchad, en République démocratique du Congo et au Congo.

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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15/12/2017
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