Burundi : l'ONU dénonce l'augmentation alarmante des exactions

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Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme. UN Photo / Jean-Marc Ferré

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme s'est préoccupé de l'augmentation alarmante du nombre d'arrestations, de détentions et de meurtres au Burundi depuis début septembre. Dans un communiqué publié ce lundi à Genève, Zeid Ra'ad Al Hussein indique que « presque chaque jour, des corps sans vie sont retrouvés dans les rues de certains quartiers de Bujumbura. Dans de nombreux cas, les victimes semblent avoir été tuées par des balles tirées à bout portant. Leurs corps portent parfois des traces de torture et sont souvent retrouvés les mains liées dans le dos ».

 

Le Haut-Commissariat aux Droits de l’homme a ainsi enregistré 134 meurtres depuis avril dernier, ainsi que des centaines d'arrestations et de détentions arbitraires, dont 704 arrestations depuis début septembre. Les services du Haut-Commissaire Zeid ont également documenté plus de 90 cas de torture depuis le mois d'avril 2015.  A cet égard, il a fait part de sa préoccupation devant la situation de 52 mineurs qui sont détenus avec des adultes pendant la journée dans la prison centrale de Rumonge. Il a exhorté les autorités burundaises à les transférer dans un centre de rééducation pour enfants situé à proximité.

Citant des rapports, le Haut-Commissaire ajoute que « nombre de ces personnes avaient été arrêtées par la police ou par le Service national de renseignement (SNR) avant leur mort ». Cette succession de meurtres inexpliqués et l'impression largement répandue qu'ils pourraient avoir un lien avec les institutions étatiques instillent une peur profonde au sein de la population, en particulier au sein des quartiers connus pour leur soutien à l'opposition », a-t-il ajouté.

Ces meurtres inexpliqués « instillent une peur profonde au sein de la population, en particulier au sein des quartiers connus pour leur soutien à l'opposition ». « Les jeunes adultes semblent être particulièrement ciblés. Nombre d'entre eux déclarent avoir été accusés par les autorités de vouloir rejoindre les rangs de groupes rebelles dans les pays voisins », poursuit-il.

Dans ces conditions, le Haut-Commissaire Zeid a souligné l'importance de la coopération en cours avec les autorités burundaises et les a exhortées à lutter contre l'impunité.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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