Azerbaïdjan : l’ONU appelle le gouvernement à mettre fin à la répression contre la société civile

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Palais de justice en Azerbaïdjan. Photo : Banque mondiale / Allison Kwesell

Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme a condamné mardi la répression gouvernementale en cours à l’encontre de la société civile et des voix indépendantes en Azerbaïdjan.

Zeid Ra’ad Al Hussein a dénoncé le fait qu'en dépit de ses appels répétés aux plus hautes autorités de l’Etat, y compris au Président lui-même, une pression excessive, des harcèlements et des intimidations contre les journalistes et les défenseurs et militants des droits de l’homme par les autorités de l’État continuent d’être signalés en Azerbaïdjan.

Le 1er septembre 2015, la journaliste et militante des droits humains Khadija Ismayilova a été condamnée à sept ans et six mois de prison par la Cour des crimes graves de Bakou. Elle était accusée de détournement de fonds, fraude fiscale, entreprise illégale et d'abus de pouvoir et avait été l'objet d'une campagne de dénigrement avant son arrestation, le 5 décembre 2014.

Zeid Ra’ad Al Hussein s'est inquiété du fait que le procès de Khadija Ismayilova aurait omis de respecter les normes internationales d’équité, en raison notamment de l’accès limité du public aux audiences, du rejet systématique des requêtes déposées par la défense et du manque de temps octroyé pour consulter ses avocats.

Selon les informations, les poursuites dont a fait l’objet Khadija Ismayilova pourraient être liées à ses travaux de journaliste. Reconnu internationalement pour ses reportages, Khadija Ismayilova dénonçait depuis plusieurs années les violations des droits de l’homme et la corruption en Azerbaïdjan.

Dans sa condamnation, le Haut-Commissaire a vu le dernier exemple en date de la répression contre les voix indépendantes dans le pays. Les autorités azerbaïdjanaises ont déjà emprisonné un certain nombre d’autres journalistes, défenseurs des droits humains et militants pour des motifs douteux, notamment Leyla et Arif Yunus, Intigam Aliyev, Anar Mammadli et Rasul Jafarov.

Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme a par ailleurs indiqué avoir reçu des rapports inquiétants concernant l’état de santé fragile de plusieurs de ces prisonniers.

Il a demandé aux autorités azerbaïdjanaises de libérer de toute urgence les prisonniers gravement malades pour des raisons humanitaires, mais aussi de libérer de tous ceux qui ont été privés de leur liberté pour avoir simplement exercé leurs droits à la liberté d’expression, d’association ou de réunion pacifique ainsi que pour avoir défendu les droits des autres.

Zeid Ra'ad Al Huseein a en outre exhorté le gouvernement de l'Azerbaïdjan à annuler les récentes mesures visant à limiter le financement des organisations de la société civile dans le pays.

(Mise en perspective : Isabelle Dupuis)

 

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15/12/2017
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