Syrie : l’UNICEF appelle à cesser les coupures d’eau comme arme de guerre

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Dans le camp de Tishreen à Alep, en Syrie, un garçon porte un jerrycan qu'il a rempli à un réservoir d'eau construit par Oxfam avec l'aide l'UNICEF. Photo UNICEF/Razan Rashidi

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a appelé les parties au conflit en Syrie à cesser de se servir des coupures d’eau comme arme de guerre et éviter ainsi des souffrances supplémentaires aux civils.

« L’UNICEF appellent les parties au conflit à prendre des mesures urgentes pour éviter de nouvelles souffrances aux civils en Syrie », a déclaré l’agence onusienne dans un communiqué de presse.

L’UNICEF appelle ainsi à mettre fin aux coupures d’eau ; à cesser toutes les attaques contre les installations, les systèmes de traitement, les canalisations et les infrastructures ; à assurer la sécurité des ingénieurs et autres employés qui réparent les installations ; et à éviter d’attaquer les civils se trouvant près de canalisations et autres points de collecte d’eau.

Alors que l’été est particulièrement chaud cette année en Syrie, près de 5 millions de personnes vivant dans des villes et des communautés à travers le pays ont souffert ces derniers mois de coupures d’eau longues et parfois désespérantes, a indiqué l’UNICEF.

« L’eau potable est à la fois un besoin fondamental et un droit fondamental en Syrie comme ailleurs », a déclaré Dr. Peter Salama, Directeur régional de l’UNICEF pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. « Couper aux civils l’accès à l’eau est une violation flagrante des lois de la guerre et cela doit cesser ».

Dans la ville d’Alep, où les combats ont paralysé la principale station de pompage pendant des mois, l’UNICEF a enregistré 18 coupures d’eau délibérées cette année. Des robinets dans certaines communautés sont restés secs pendant 17 jours affilés, et pendant plus d’un mois dans certains quartiers de la ville.

Les pénuries d’eau entraînent d’autres conséquences : des familles à Damas, à Deraa, à Alep et dans d’autres régions doivent prendre de l’eau sale de sources souterraines non-réglementées et non-protégées, exposant en particulier les enfants à la diarrhée, à la fièvre typhoïde, à l’hépatite et à d’autres maladies. Au cours des dernières semaines, le prix de l’eau à Alep a augmenté de près de 3.000%.

La crise de l’eau en Syrie a détérioré la situation des civils, alors que la quantité d’eau est environ la moitié de ce qu’elle était avant le début de la crise en 2011. Les violences et les affrontements lourds ont gravement endommagé les canalisations et les autres infrastructures d’eau. Les services municipaux sont souvent incapables d’effectuer les réparations nécessaires.

Face au manque d’eau, des enfants se chargent souvent de collecter de l’eau à des canalisations dans la rue ou à des points de collecte. L’imprévisibilité de la guerre peut rendre dangereuse la quête de l’eau, et peut même être mortelle. Au cours des dernières semaines, le conflit syrien a coûté la vie à au moins trois enfants alors qu’ils étaient allés chercher de l’eau à Alep, selon l’UNICEF.

(Interview : Geneviève Butin, chargée de la coordination des secours pour l'UNICEF en Syrie; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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20/10/2017
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