Objectif “Faim Zéro”: Associer protection sociale et investissements en faveur des pauvres

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©FAO/IFADWFP/Petterik Wiggers

Selon un nouveau rapport des trois agences alimentaires de l'ONU présentes à Rome, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial(PAM), 267 milliards de dollars par an seront nécessaires pour l'éradication de la faim dans le monde d'ici 2030, un objectif clé des ODD qui seront adoptés en septembre 2015. Le rapport souligne les investissements en milieu rural et urbain et les mesures de protection sociale. Il note également qu’en dépit des progrès réalisés au cours des décennies récentes, près de 800 millions de personnes, des ruraux pour la plupart, n’ont toujours pas assez à manger aujourd’hui.

Il est largement admis que l’élimination de la faim est une condition essentielle à la réalisation d’autres objectifs de développement ayant trait à la santé, l’éducation et la productivité.

Pour reléguer la faim aux oubliettes d’ici 2013, les agences alimentaires de l’ONU estiment qu’un montant supplémentaire de 267 milliards de dollars par an en moyenne doit être investi dans les zones rurales et urbaines, ainsi que dans les mesures de protection sociale qui facilitent aux pauvres l’accès à la nourriture et améliorent leurs moyens d’existence. Cela revient en moyenne à investir 160 dollars par an et par personne vivant dans l’extrême pauvreté.

Malgré l’accès limité au crédit et à l’assurance dans de nombreux pays en développement, les agriculteurs du monde entier sont les principaux investisseurs dans l’agriculture et les zones rurales.

Les seuls investissements privés se sont avérés insuffisants pour briser le cercle vicieux de la pauvreté rurale. Des investissements supplémentaires du secteur public sont nécessaires pour améliorer les infrastructures rurales, les transports, la santé et l’éducation et libérer tout le potentiel des communautés agricoles.

Les transferts en espèces, à leur tour, vont permettre aux familles pauvres de bénéficier de régimes alimentaires plus diversifiés et plus sains, indique le rapport. Ainsi il s’agit de lutter à la fois contre la faim extrême et ce qu’on a appelé la «faim cachée», c’est-à-dire un apport insuffisant en vitamines, fer et autres minéraux.

Le rapport estime que l’augmentation des investissements dans la protection sociale induira une augmentation de la productivité et des revenus des personnes, permettant à celles-ci d’épargner et d’investir et déclenchant ainsi des cycles vertueux qui sauveront les familles les plus pauvres.

(Lorenzo Bellu, économiste principal et Chef de l’équipe des études de perspectives mondiales au siège de la FAO, ; propos recueillis par Murielle Sarr)

 

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15/12/2017
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