Ébola : Les communauté doivent s'approprier les réponses à l’épidémie, souligne David Nabarro

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Un garçon prend sa température en mars 2015 alors qu'il arrive à l'école à Kenema, en Sierra Leone, dans le cadre des efforts de dépistage d'Ebola. Photo UNICEF/NYHQ2015-0768/Bindra

A l'initiative de la présidence nigériane, le Conseil de sécurité a dressé, ce matin, le bilan de l'action mondiale contre l'épidémie de fièvre hémorragique Ébola de 2013. L'Envoyé spécial du Secrétaire général sur Ébola, David Nabarro, a insisté sur l'appropriation par les communautés des réponses apportées à l'épidémie. Il a aussi mis l'accent sur l'impact d'un leadership puissant et décisif et sur la nécessité d'un travail collectif pour renforcer les solidarités.

 

Le Docteur Nabarro a également souligné que l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest n’était pas terminée. « Il y a toujours besoin d’une solidarité technique, opérationnelle et financière avec ceux qui travaillent dur dans les pays affectés », a-t-il dit. « Les personnes qui ont survécu à Ebola ont besoin d’un soutien spécifique » pour reconstruire leur vie et affronter la stigmatisation, a-t-il ajouté.

 

L'Envoyé spécial a appelé la communauté internationale à rester vigilante. « Les années à venir verront de nouvelles éruptions inattendues de la maladie : nous ne savons pas où, quand, ni comment elles frapperont », a-t-il prévenu.

 

Auparavant, la Directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé s'était félicitée des progrès accomplis pour contenir l'épidémie, mais avait mis en garde contre toute complaisance vis-à-vis du fléau. L'OMS, a-t-elle souligné, a engagé des réformes et va créer une équipe mondiale de santé d'urgence pour répondre en temps réel

 

Le Docteur Margaret Chan, a estimé jeudi que la fin de cette épidémie était possible si les efforts de lutte se poursuivent avec l’intensité actuelle.

« Il n’y a plus de nouveaux cas au Libéria. La Guinée et la Sierra Leone ont signalé seulement trois cas lors de chacune des deux dernières semaines, soit les chiffres les plus faibles depuis plus d’un an », a dit Margaret Chan lors d’un exposé par téléconférence devant les membres du Conseil.

« Cela représente une différence énorme par rapport à la situation il y a moins d’un an. Je peux vous assurer que les progrès sont réels et qu’ils ont été durement gagnés », a-t-elle ajouté.

Selon elle, « si l’intensité actuelle en matière de détection de cas et de recherche des contacts est maintenue, le virus peut être vaincu d’ici la fin de cette année. Cela veut dire arriver à zéro et rester à zéro » cas d’Ebola.

La chef de l’OMS a toutefois prévenu qu’il fallait rester prudent, alors qu’un seul cas non détecté peut déclencher une nouvelle série de contaminations.

« On peut s’attendre à de nouvelles rechutes, comme celle qu’a connu le Libéria à la fin du mois de juin », a-t-elle souligné.

Pour prévenir à l’avenir une épidémie de la sorte, Margaret Chan a noté que la plupart des experts sont d’accord pour dire que le manque d’infrastructures sanitaires publiques constitue la plus grande vulnérabilité.

Elle s’est félicitée de l’initiative de l’Union africaine et des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies pour établir conjointement un système de contrôle des maladies transmissibles pour aider les pays africains à mieux se préparer aux épidémies.

Elle a ajouté que l’OMS préparait de son côté un programme pour le développement rapide de nouveaux produits médicaux pour toute éventuelle épidémie à l’avenir.

« Le monde a tiré les leçons de l’expérience d’Ebola », a conclu la chef de l’OMS, ajoutant qu’elle supervisait personnellement les réformes au sein de son agence.

(Extrait sonore : Docteur David Nabarro, Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies sur Ébola)

 

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20/10/2017
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