Conseil de sécurité : Ban Ki-moon exhorte les quinze à agir sur les abus sexuels par les forces de maintien de la paix

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Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Photo: ONU/Rick Bajornas

Le Conseil de sécurité a tenu jeudi soir des consultations à New York, à la suite des récentes allégations d'abus sexuels par des éléments des forces de maintien de la paix en République centrafricaines (RCA). Les quinze ont entendu un exposé du Secrétaire général, Ban Ki-moon, qui a exhorté le Conseil à inscrire son ordre du jour la question de l'exploitation et des abus sexuels par le personnel des Nations Unies.

Lors de son intervention faite à huis clos, Ban Ki-moon a qualifié de véritable cancer les souffrances infligées aux populations par les employés des Nations Unies qui sont censés les protéger et leur porter assistance. Le Secrétaire général a déclaré avoir du mal à exprimer le désarroi et la honte qu'il ressent à la lecture des actes d'exploitation sexuelle et d'abus de pouvoirs commis par les forces militaires, de police et civiles des Nations Unies

Aussi, selon lui, le sort des victimes et de ceux qui sont à risques doit être le premier sujet de préoccupation des Nations Unies.

A la suite des allégations et des cas observés en République centrafricaine, le temps est venu d'adresser un signal fort aux leaders qui seront tenus responsables. C'est pourquoi, il a demandé la démission du général Babacar Gaye, malgré sa longue et illustre carrière au service des Nations Unies.

Ban Ki-moon a évoqué la réunion d'urgence tenue jeudi matin avec les représentants spéciaux, les commandants de forces et les commissaires de police des 16 missions de la paix déployées actuellement dans le monde, réunion au cours de laquelle il a adressé un message on ne peut plus clair selon lequel ils doivent, jour et nuit, faire respecter les règles les plus strictes de conduite.

Le Secrétaire général a rappelé qu'à plusieurs reprises il avait informé le Conseil de sécurité sur le défi d'éradiquer l'exploitation et les abus sexuels, y compris le 19 juin 2008. Comme il l'avait dit à l'époque « la tolérance zéro veut dire zéro complaisance et donc zéro impunité ».

Ban Ki-moon a passé en revue les mesures prises ces trois dernières années, y compris dans son rapport de 2014 sur les mesures spéciales à prendre pour protéger des exploitations et abus sexuels qui contient 40 propositions contenues pour renforcer davantage les actions de prévention, l'application des règles et les mesures correctives.

Le Secrétaire général a fait valoir qu'au-delà de l'indignation et de la colère, il faut agir collectivement pour supprimer le fléau de l'exploitation sexuelle par les forces militaires à l'échelle mondiale. Et même si certains abus ont été commis en RCA avant l'arrivée des troupes onusiennes, l'ONU doit montrer l'exemple.

Tout en rendant hommage aux pays contributeurs de troupes et aux personnel qui risquent leurs vies chaque jour pour défendre les valeurs des Nations Unies, Ban Ki-moon a fait valoir que les États Membres tant à titre individuel que collectivement en tant qu'institution doivent faire davantage pour faire remonter l'information et punir les auteurs d'abus et de violations.

Or l'impunité et l'injustice sont un second coup dur porté aux victimes. C'est pourquoi dans le rapport d'activités qu'il présentera l'an prochain à l'Assemblée générale, il a demandera que les États fournissent des informations spécifiques pour répondre aux allégations crédibles qui font l'objet d'une enquête. De même la question

Par ailleurs, Ban Ki-moon a indiqué qu'il avait l'intention de nommer Représentant spécial par intérim en RCA le diplomate gabonais Parfait Onanga-Anyanga qui prendra ses fonctions à Bangui la semaine prochaine.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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23/10/2017
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