Conflit au Yémen : jusqu'à présent plus d'un millier d'enfants parmi les victimes selon l'UNICEF

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Faisal, âgé de 18 mois est traité pour manutrition sévère aiguë à l’hôpital Sabeen de Sanaa, la capitale du Yémen (Photo: UNICEF/UMI191723/Yasin)

Huit enfants en moyenne sont tués ou blessés chaque jour au Yémen, une conséquence directe du conflit qui frappe le pays, selon un rapport publié par l'UNICEF.

Yémen : l'enfance sous la menace affirme que près de 400 enfants ont été tués et plus de 600 autres blessés depuis que les violences se sont accrues, voici quatre mois.

Les services de santé perturbés, une augmentation des taux de malnutrition chez les enfants, les écoles fermées et un nombre plus élevé d'enfants recrutés par les groupes armés figurent parmi les effets du conflit qui ravage actuellement un des pays les plus pauvres du monde arabe.

« Ceci est une véritable tragédie pour les enfants du Yémen », a dit le Représentant de l'UNICEF au Yémen, Julien Harneis. « Les enfants sont tués par des bombes ou des balles et ceux qui survivent sont confrontés à la menace croissante de la maladie et de la malnutrition. Cette situation ne peut plus durer », a-t-il ajouté.

Le rapport souligne que, pour aussi dévastateur que soit actuellement le conflit pour les vies des enfants, celui-ci aura des conséquences terribles pour leur avenir.

Dans le pays, près de 10 millions d'enfants – 80 % de la population du pays âgée de moins de 18 ans – ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence. Plus de 1,3 million de personnes ont été obligés de fuir leurs foyers.

Yémen : l'enfance sous la menace décrit les différentes aspects de la crise à laquelle sont confrontés les enfants, notamment à savoir qu'au moins 398 enfants ont été tués et 605 blessés depuis l'intensification du conflit en mars. Le nombre d'enfants recrutés ou tués dans le conflit a plus que doublé, passant de 156 en 2014 au chiffre à ce jour confirmé de 377 pour 2015. De plus, 15,2 millions de personnes n'ont pas accès aux soins de santé de base, 900 établissements de soins ayant fermé depuis le 26 mars.

Le document montre également que 1,8 million d'enfants seront probablement atteints d'une forme quelconque de malnutrition d'ici la fin de l'année. En outre, 20,4 millions de personnes ont besoin d'aide pour obtenir ou conserver un accès à l'eau potable et à l'assainissement en raison des pénuries de combustible, des dégâts causés aux infrastructures et de l'insécurité. Par ailleurs, près de 3 600 écoles ont fermé leurs portes, ce qui touche plus de 1,8 million d'enfants.

L'UNICEF se trouve au cœur des opérations humanitaires menées au Yémen depuis le début du conflit. Son personnel, qui est à pied d'œuvre dans tout le pays, répond aux besoins les plus importants des enfants en leur apportant les services indispensables à leur survie comme la distribution d'eau potable et en traitant ceux qui sont atteints de malnutrition, de diarrhée, de rougeole et de pneumonie.

Au cours des six derniers mois, l'agence pour les enfants a apporté un soutien psychologique pour aider plus de 150 000 enfants à faire face aux horreurs du conflit. 280 000 personnes ont appris comment éviter d'être blessées par les munitions et les mines non explosées.

Pourtant, malgré les besoins immenses, l'intervention de l'UNICEF dispose d'un budget largement insuffisant. Avec seulement 16 % des 182,6 millions de dollars É.-U. en appel de fonds de l'agence obtenus jusqu'à présent, le Yémen est une l'une des diverses crises de la planète dans laquelle intervient actuellement l'UNICEF qui reçoit le moins de fonds.

« Nous avons besoin de toute urgence de fonds afin de pouvoir aider les enfants qui ont désespérément besoin d'assistance », a dit Julien Harneis. « Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et laisser les enfants subir les conséquences d'une catastrophe humanitaire. »

L'UNICEF renouvelle son appel à toutes les parties impliquées dans le conflit afin qu'elles respectent leurs obligations en vertu du droit humanitaire international et qu'elles cessent de viser les civils et les infrastructures indispensables comme les écoles, les systèmes d'approvisionnement en eau et les établissements de soins. L'UNICEF souligne une nouvelle fois qu'il est urgent de mettre fin au conflit une bonne fois pour toutes.

(Interview : Christophe Boulierac, Porte-parole de l’UNICEF à Genève; propos recueillis par Alpha Diallo)

 

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17/10/2017
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