Climat/Paris : « Nous n'avons pas de temps à perdre », rappelle Ban Ki-moon

Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies (Photo : ONU)

Aux second et dernier jour de sa visite en France, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a participé à la conférence annuelle des ambassadeurs organisée chaque année par le Ministre français des affaires étrangères. Il a longuement insisté sur la nécessité d'accélérer les négociations en vue de la tenue de la 21ème Conférence sur le changement climatiques, la COP-21 qu'accueillera la France en décembre. Or, a déploré le Secrétaire général, lors d'une conférence de presse, cela fait des décennies que les États Membres continuent à agir comme si de rien n'était.

« Nous n'avons pas de temps à perdre, le temps nous est compté. Le changement climatique est une réalité. Les meilleurs scientifiques ont clairement montré à plusieurs reprises que le changement climatique est une réalité. Il progresse beaucoup, beaucoup plus vite que l’on pensait, » a fait valoir Ban Ki-moon.

Le Secrétaire général a poursuivi en soulignant que le monde a connu des tendances météorologiques extrêmes et que cela est causé par le phénomène du changement climatique. Selon lui, les scientifiques ont clairement démontré que ce changement climatique est imputable à l'homme. « C'est pourquoi, nous devons changer, » a-t-il insisté.

Ban Ki-moon a exhorté les États Membres à accélérer le rythme des négociations. Il a fait valoir qu'il ne reste plus beaucoup de temps.

« Nous avons seulement moins de 100 jours jusqu'à la négociation finale. Et en fait, lorsque l'on parle du nombre réel de jours de négociations, en terme juridique, il ne reste que 10 jours, » a-t-il ajouté.

Auparavant, Ban Ki-moon, s’était déjà dit prudemment optimiste concernant les efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique. « Les derniers éléments de l’accord sur le climat sont en train d’être négociés. J’espère que la Conférence des Parties qui se tiendra ici en décembre débouchera sur un texte ambitieux d’une réelle utilité », a déclaré M. Ban dans une allocution prononcée devant des ambassadeurs français réunis à Paris.

« Aujourd’hui, je suis prudemment optimiste. Des plans d’action climatique ont été soumis par des pays comptant pour plus de 60% du total des émissions », a-t-il ajouté. « Trois des plus grandes puissances économiques du monde – la Chine, l’Union européenne et les États-Unis – sont déterminées à rechercher une croissance fondée sur des activités à faible émission de carbone et résistantes aux changements climatiques ».

S’agissant de la France en particulier, le chef de l’ONU a salué la décision qu’a récemment prise le Conseil constitutionnel au sujet d’une loi ambitieuse sur la transition énergétique. Ban Ki-moon a également noté que des collectivités locales avaient pris des mesures vigoureuses en matière climatique. « Au cours de l’année écoulée, 17 villes se sont engagées à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80% d’ici à 2050 », a-t-il souligné, précisant que le Pacte des maires, lancé l’an dernier au Sommet sur le climat, compte à présent une centaine de villes.

Selon lui, « partout dans le monde, des particuliers et des chefs d’entreprise visionnaires réclament une action forte dans le domaine des changements climatiques. « A tous les niveaux, dans tous les secteurs et dans toutes les régions, il est de plus en plus largement admis que la croissance économique et l’action climatique ne sont pas incompatibles ».

(Extrait sonore : Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies)

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23/10/2017
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