Centrafrique : la MINUSCA fait état de nouvelles allégations de viol par des Casques bleus

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La Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général en République centrafricaine, Diane Corner. Photo ONU/Dany Balepe

La Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA) a fait état mercredi de nouvelles allégations concernant des viols qui auraient été commis récemment par des Casques bleus.

« Ces nouvelles allégations portent sur un cas où trois jeunes femmes, dont une mineure, auraient été victimes de viol par des membres de la Force de la MINUSCA. La Mission a été informée de ces allégations le 12 août 2015 par les familles des trois femmes », a déclaré la Représentante spéciale adjointe de la MINUSCA, Diane Corner, lors d’un point de presse.

Elle a indiqué que la Mission avait immédiatement informé le siège de l’ONU à New York, qui a notifié le bureau des services de contrôle interne des Nations unies et le pays contributeur de troupes en question.

« Selon la procédure, ce pays devrait indiquer, dans un délai de dix jours, s’il a l’intention d’enquêter lui-même sur ces allégations. Dans le cas où le pays membre néglige d’ouvrir une enquête ou de répondre à la demande du siège des Nations unies, l’Organisation diligentera sa propre enquête », a-t-elle ajouté.

Mme Corner a souligné que la MINUSCA se chargeait de préserver toutes les preuves disponibles concernant ces allégations.

« La responsabilité pénale est celle du pays contributeur, qui est en définitive responsable de la bonne conduite, de l’ordre et de la discipline de ces forces », a-t-elle ajouté. « La MINUSCA et les agences partenaires ont été chargées de fournir une assistance aux victimes ces allégations. La MINUSCA attache une importance capitale à la protection des victimes, ainsi qu’au respect de leurs droits et à la confidentialité ».

La Représentante spéciale adjointe a réitéré l’engagement ferme de la MINUSCA « à combattre toute forme de mauvaise conduite de la part son personnel » et a appelé « toute personne qui possède des éléments d’information à cet égard à les partager avec la MINUSCA qui leur assurera anonymat et protection ».

Ces nouvelles allégations de viols s’ajoutent à celles qui ont été révélées la semaine dernière par l’organisation non gouvernementale Amnesty International, selon lesquelles des Casques bleus de la MINUSCA ont tué un adolescent de 16 ans et son père et ont violé une fillette âgée de 12 ans. Ces allégations ont conduit à la démission du chef de la MINUSCA, Babacar Gaye.

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui a rappelé la tolérance zéro de l’Organisation concernant l’exploitation et les abus sexuels par des Casques bleus, a nommé Parfait Onanga-Anyanga, du Gabon, pour remplacer M. Gaye. En attendant son arrivée, Mme Corner dirige la MINUSCA.

(Extrait sonore : Diane Corner, Représentante spéciale adjointe de la MINUSCA; propos recueillis par Guira-FM)

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19/10/2017
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