Yémen : la situation est «extrêmement préoccupante» pour les civils selon l'ONU

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Ruine d’une école à Sana’a, au Yémen. © UNICEF/NYHQ2015-1127/Mahmoud

Alors que le conflit au Yémen ne montre aucun signe d’apaisement, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a dénoncé mardi les violations répétées du droit international humanitaire par les parties, qui prennent régulièrement pour cible les populations civiles.

« Les combats intenses continuent au Yémen, causant la mort d’au moins 165 civils, dont 53 enfants et 23 femmes, entre le 3 et 15 juillet. Au cours de cette période, 210 autres civils ont été blessés », a déclaré le porte-parole de l’agence, Rupert Colville, lors d’un point de presse à Genève.

La majorité des survivants disent avoir été victimes de frappes aériennes, a indiqué le porte-parole, tout en précisant que de nombreux civils sont aussi régulièrement blessés et tués par des tirs de mortier et des combats de rue.

Selon le HCDH, depuis le 26 mars dernier, le conflit a causé la mort d’au moins 1.693 civils et en a blessé environ 3.829 autres.

En plus des victimes engendrées par les frappes aériennes de la coalition menée par l’Arabie saoudite et les affrontements au sol entre Comités populaires pro-Houthis et groupes armés pro-gouvernementaux, le HCDH a documenté plusieurs autres attaques perpétrées directement contre des zones résidentielles, des mosquées et des marchés locaux par les parties, y compris à Amran, Lahej, Sana’a, Al Dhali, Hodeidah, Taez et Aden.

« Nous rappelons à toutes les parties au conflit que toute attaque directe et intentionnelle contre des civils ou des infrastructures civiles est considérée comme une violation grave du droit international humanitaire », a déclaré Rupert Colville.

Par ailleurs, le porte-parole a fait état de rapports suggérant que les Comités populaires pro-Houthis recrutent activement des combattants, y compris des enfants, notamment dans les villes du gouvernorat de Hodeidah, où une augmentation des crimes graves a parallèlement été signalée.

« Les civils continuent de payer un lourd tribut à cause du conflit », a poursuivi le porte-parole, précisant que l’accès à l’eau est très difficile dans 20 des 22 gouvernorats du pays et qu’environ 1,6 million de filles et de garçons de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë et ont besoin d’un traitement urgent.

A  Aden, la situation humanitaire serait particulièrement grave, marquée par un accès limité à la nourriture et l’absence de diesel pour l’alimentation principale en eau ou l’apport d’électricité aux hôpitaux et aux cliniques.

 

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du HCDH; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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17/10/2017
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