Syrie : les familles dépensent plus de la moitié de leurs revenus pour se nourrir selon l'ONU

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En Syrie, la production animale a subi des réductions de 30 % du cheptel bovin et de 40 % des ovins et des caprins. (Photo : FAO/Tahseen Ayyash)

La production vivrière de la Syrie s’est améliorée cette année essentiellement grâce aux bonnes pluies, mais elle demeure toutefois largement inférieure à ses niveaux d’avant la crise, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Programme alimentaire mondial (PAM), publié jeudi.

Les conflits continuent à précipiter de plus en plus d’individus dans la faim et la pauvreté et à perturber sérieusement les activités agricoles et les marchés.

Au total, environ 9,8 millions de personnes en Syrie souffrent d’insécurité alimentaire, dont 6,8 millions à un niveau grave, nécessitant une aide alimentaire extérieure. Rien que depuis janvier, plus d’un demi-million de personnes ont été déplacées

« Si la récolte actuelle est meilleure que prévu grâce aux précipitations, le secteur agricole du pays est anéanti par le conflit. Une aide d’urgence des donateurs est nécessaire pour veiller à ce que les agriculteurs puissent affronter la prochaine campagne de semis de céréales qui démarrera en octobre », a déclaré le Directeur de la Division FAO des opérations d’urgence et de la réhabilitation, Dominique Burgeon.

Après être resté relativement stables en 2014, les prix alimentaires ont commencé à grimper brusquement début 2015, compte tenu de la baisse des subventions du gouvernement et de la dépréciation de la monnaie.

Le prix du pain s’est littéralement envolé durant la dernière année, la hausse pouvant atteindre 87% dans les boulangeries publiques.

La part des dépenses des ménages consacrée à l’alimentation n’a cessé d’augmenter depuis le début de la crise, au détriment d’autres besoins essentiels.

Les familles dépensent plus de la moitié de leurs revenus pour se nourrir, et parfois davantage dans des villes comme Sweida, Alep et Hama. Elle atteint près de 80% à Dara’a, une des zones frappées par les conflits les plus intenses.

« Nous exhortons la communauté internationale à continuer à soutenir les opérations de secours qui sont vitales en attendant qu’une solution de paix puisse être trouvée », a ajouté l’Economiste en chef au PAM, Arif Husain.

 

(Extrait sonore : Monika Tothova économiste au sein de la FAO)

 

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20/10/2017
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