Soudan du Sud : l'ONU appelle les parties à se montrer à la hauteur des espoirs suscités par l'indépendance du pays

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Enfants au Soudan du Sud (Photo : ONU)

Alors que le Soudan du Sud s’apprête à célébrer jeudi le quatrième anniversaire de sa création, deux hauts responsables des Nations Unies ont appelé les parties au conflit à se montrer à la hauteur des espoirs suscités par l’indépendance du pays et à mettre fin à la violence atroce qui y règne aujourd’hui en empruntant la voie d’une solution politique.

« Il y a quatre ans, je me tenais à Juba aux côtés de masses de citoyens fiers, et j’ai regardé le premier lever du drapeau au-dessus du plus récent État membre des Nations Unies, le Soudan du Sud », a déclaré le Secrétaire général dans une déclaration de presse publiée par son porte-parole.

« Je ne pourrai jamais oublier le sentiment de joie et d’espoir. Ces souvenirs sont d’autant plus douloureux aujourd’hui, alors que nous célébrons le quatrième anniversaire d’un pays où l’espoir vient à manquer », a regretté M. Ban, soulignant que le peuple du Soudan du Sud fait face à des niveaux inadmissibles de violence et à des abus sexuels d’une atrocité inqualifiable.

Au lieu du progrès et du développement escomptés, a poursuivi le Secrétaire général, plus de 1,6 million de personnes ont été déplacées, dont plus de 150.000 cherchent désormais refuge dans les sites de protection des civils de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS). L’insécurité alimentaire sévère guette environ 4,6 millions de personnes et plus de 600.000 civils ont été contraints de fuir dans les Etats voisins, a-t-il ajouté.

« La violence qui a ravagé le Soudan du Sud au cours des 18 derniers mois prouve qu’il ne peut y avoir de solution militaire à ce conflit. Je demande donc à tous les dirigeants du Soudan du Sud – en particulier au Président Salva Kiir et à son ancien Vice-président Riek Machar – de faire preuve de leadership en investissant dans une solution politique et de conclure immédiatement un accord de paix global », a déclaré M. Ban, tout en ajoutant que la communauté internationale doit également prendre des mesures décisives pour aider à mettre fin aux combats.

« Les dirigeants politiques des deux côtés doivent déclarer publiquement et sans équivoque que la prise pour cible des civils ne sera pas tolérée », a ajouté le Secrétaire général, appelant à ce que les auteurs de violations graves des droits humains soient tenus pour responsables.

Tout en saluant le courage des travailleurs humanitaires et la dévotion du personnel des Nations Unies, qui continuent d’opérer dans le pays en dépit des conditions dangereuses, M. Ban a par ailleurs demandé aux parties de respecter le droit international humanitaire et de garantir l’accès sans entrave aux personnes dans le besoin.

« Les droits à la paix, au développement et aux droits de l’homme sont consubstantiels au peuple du Soudan du Sud. La promesse d’une nouvelle nation qu’ils ont célébrée il y a quatre ans doit enfin être tenue », a déclaré le chef de l’ONU.

De son côté, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui, a déclaré que la persistance du conflit au Soudan du Sud, rendu plus atroce encore par l’escalade récente de la violence, entache les célébrations du quatrième anniversaire de la plus jeune des nations du monde.

« Je suis particulièrement préoccupée par la mort de tant d’enfants innocents durant les hostilités. Les enfants du Soudan du Sud ont été victimes des six violations identifiées par le Conseil de sécurité des Nations unies comme affectant de manière disproportionnée les enfants en temps de guerre. Ces violations sont le meurtre ou les mutilations, le recrutement ou l’utilisation d’enfants soldats, la violence sexuelle, les enlèvements, les attaques contre des écoles ou des hôpitaux et le refus de l’accès humanitaire », a déploré Mme Zerrougui.

La Représentante spéciale a fait part de sa révulsion face aux récentes atrocités dont auraient été victimes les enfants du pays au cours des dernières semaines et a appelé les parties à mettre fin à de telles violations et à traduire les coupables en justice.

« Il est évident que le Soudan du Sud ne peut pas se permettre une génération d’enfants perdus. Voilà pourquoi la protection des enfants aujourd’hui est un investissement dans la paix et dans l’avenir du pays et de ses habitants. Nous assurer qu’un tel investissement ait bien lieu est la façon dont nous devrions célébrer le quatrième anniversaire de l’indépendance du Soudan du Sud », a dit Mme Zerrougui.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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20/10/2017
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