Paludisme : un nouveau plan d'action de 101 milliards de dollars sur 15 ans

Écouter /

Faire reculer définitivement le fléau du paludisme en Afrique (Photo : ONU)

Quelque 101 milliards de dollars sur 15 ans sont nécessaires pour faire reculer le paludisme dans le monde au cours des prochaines années. Le Programme Faire reculer le Paludisme a lancé, ce vendredi à Genève, son nouveau cadre d’orientation, d’action et d’investissement pour vaincre le paludisme (AIM) de 2016 à 2030. Cette nouvelle stratégie sera présentée la semaine prochaine lors de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement qui se tiendra du 13 au 26 juillet 2015 à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.

Dans interview accordée à la Radio des Nations Unies, la Directrice exécutive du Partenariat Roll back malaria (RBM) entend rappeler que « le palu ne devrait plus être regardé uniquement comme un problème de santé mais aussi comme un problème de développement ». Car ce fléau a de graves conséquences économiques sur les pays touchés particulièrement en Afrique où les pertes directes sont estimées à 12 milliards de dollars par an et de 1,3 % de croissance sur le continent.

L'adoption de ce nouveau plan d'action fait suite à la décision prise en mai dernier par l'Assemblée mondiale de la santé d'adopter une nouvelle stratégie mondiale de lutte contre le paludisme qui vise à réduire la charge mondiale du paludisme de 40% d'ici 2020, et d'au moins 90% d'ici 2030. Elle vise aussi à éliminer la maladie dans 35 nouveaux pays au moins d'ici 2030. Elle comporte trois éléments clés: garantir l'accès universel à la prévention, au diagnostic et au traitement du paludisme; accélérer les efforts vers l'élimination et vers l'obtention du statut de pays/zone exempt/e de paludisme; et renforcer la surveillance de la maladie. Elle souligne l'importance de l'innovation et de la recherche, et le besoin essentiel d'engagement politique, de financement durable, de systèmes de santé solides, et d'une collaboration multisectorielle.

Il faut juste rappeler que des millions de personnes ne peuvent toujours pas avoir accès à la prévention et au traitement de la maladie, et la plupart des cas et des décès restent ignorés et non répertoriés. En 2013, selon les estimations, le paludisme a tué 584 000 personnes dont 90% de la mortalité était concentrée en Afrique.

(Interview : Docteur Fatoumata Nafo-Traoré, Directrice exécutive du Partenariat RBM ; propos recueillis par Alpha Diallo)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
16/10/2017
Loading the player ...