Lutter contre la traite des êtres humains : 20 millions des personnes en sont encore victimes

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Des jeunes filles fréquentent une école dans le camp de réfugiés dans l’est du Soudan, où des milliers de demandeurs d’asile, des réfugiés et des migrants sont à risque d’être victimes de la traite chaque année. Photo: UNHCR

Après plus d’une décennie d’efforts visant à combattre la traite des personnes, les résultats sont encore modestes. La grande majorité des victimes de la traite, soit pas moins de 20 millions de personnes dans le monde – ne sont pas reconnues comme telles, et par conséquent, n'ont pas accès à la justice et aux recours. Hommes, femmes et enfants tombent aux mains de trafiquants dans leur pays et à l'étranger.

Tous les États sont affectés par la traite des êtres humains, qu’ils soient un pays d'origine, de transit ou de destination des victimes. Et la Rapporteur spécial de l'ONU aux droits de l’homme, Maria Grazia Giammarinaro, appelle à des changements radicaux dans la politique et sur la perception de la traite et lutter contre la traite ne concerne pas seulement l’application de la loi.

La traite signifie l'exploitation extrême – souvent en condition d'esclavage – des femmes, des hommes et des enfants qui sont socialement vulnérables, principalement en raison de leur statut de migrants sans papiers. Pour remédier à ces violations flagrantes des droits humains, un changement de politique est nécessaire, et la perception de la traite des personnes doit changer.

Jusqu’à présent, le trafic a été considérée surtout une question d’application de la loi. Aujourd’hui, la traite doit être examinée comme une question économique et sociale, en lien avec les tendances mondiales, y compris la migration. Par conséquent la prévention est essentielle.

Pour prévenir la traite des personnes, les autorités nationales doivent faire face à une zone plus large de l’exploitation, dans l’industrie du sexe, dans l’agriculture, la pêche, le travail domestique, les vêtements, et l’industrie du tourisme.

Les gouvernements et le secteur privé doivent prévenir et combattre l’exploitation où et quand elle a lieu, en particulier lorsque les travailleurs migrants sont impliqués, et lutter contre les facteurs de conduite de l’exploitation. Parmi eux, est le manque de canaux réguliers de migration.

Un changement de politique est nécessaire aujourd’hui pour prévenir la traite et protéger les droits des personnes victimes de la traite, il est nécessaire de protéger les droits de tous les migrants, et de toutes les personnes vulnérables, soit les étrangers ou nationaux.

Une fois que qu'une personne est reconnue comme étant soumis à l’exploitation et /ou au trafic, elle doit avoir un accès immédiat à des conseils juridiques, des soins de santé, et des formes adaptées d’aide, afin d’être en mesure de revendiquer leurs droits.

En 2010, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté le Plan d'action mondial pour la lutte contre la traite des personnes, exhortant les gouvernements à prendre des mesures concertées et concrètes pour contrer ce fléau. Le Plan appelle à intégrer la lutte contre la traite des personnes aux programmes élargis de l'ONU afin d'accélérer le développement et renforcer la sécurité mondiale. Une des dispositions décisives du Plan est l'établissement d'un Fonds de contributions volontaires de l'ONU pour les victimes de la traite des êtres humains, en particulier les femmes et les enfants.

(Interview : Maria Grazia Giammarinaro, Rapporteur spécial sur la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants auprès du Conseil des droits de l'homme; propos recueillis par Florence Westergard)

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15/12/2017
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