L'OMM face au défi des changements climatiques

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Photo: WMO/Olga Khoroshunova

Le Congrès météorologique mondial  a  terminé il y a quelques semaines ses travaux.  Ce congrès a permis d’étudier les moyens de renforcer les services météorologiques et climatologiques, compte tenu des besoins d’une population mondiale en constante augmentation et de la nécessité de faire face à la variabilité et à l’évolution du climat, aux phénomènes météorologiques extrêmes, et aux préjudices qui en résultent dans tous les secteurs de la société et de l’économie.

Organisé tous les quatre ans, le Congrès définit les orientations stratégiques et politiques, fixe les priorités, adopte le budget et élit la haute direction de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), forte de 191 Membres.

«Il est indispensable de promouvoir la coopération internationale et les investissements en faveur des observations et des services météorologiques et climatologiques pour renforcer notre capacité d’adaptation au temps et au climat, favoriser le développement durable et aider la société à faire face aux changements climatiques», a déclaré Michel Jarraud, Secrétaire général de l’OMM.

«En cette année 2015, comme lors des précédentes, des catastrophes d’origine météorologique ont détruit ou perturbé des millions de vies», a-t-il ajouté. «Le cyclone tropical Pam a ruiné les efforts de développement économique du Vanuatu, bien que la préparation aux catastrophes et les systèmes d’alerte précoce aient permis de limiter au maximum le bilan humain.»

«Le sud-est du Brésil et la Californie sont en proie à une terrible sécheresse, alors que des inondations d’une ampleur historique ont ravagé le désert chilien et le sud du Malawi. La liste des phénomènes météorologiques extrêmes est longue, et les études scientifiques montrent avec de plus en plus de certitude qu’au moins une partie d’entre eux est favorisée par les changements climatiques d’origine humaine», a poursuivi le Secrétaire général.

«Fin février, alors qu’elle avait atteint son maximum saisonnier, l’étendue de la banquise arctique était la plus réduite jamais constatée depuis le début des observations par satellite. La concentration moyenne de dioxyde de carbone dans l’atmosphère à l’échelle du globe, pour le mois de mars, a franchi le seuil symbolique de 400 parties par million pour la première fois dans l’histoire des relevés. L’humanité devra donc inévitablement faire face à un réchauffement de la planète dans les siècles à venir.»

Les participants vont réfléchir à la contribution que l’OMM et les Services météorologiques et hydrologiques nationaux pourront apporter aux nouveaux programmes d’action mondiaux pour l’après-2015 qui concernent le développement durable, les questions relatives au climat et le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe.

Ils feront aussi le point sur la mise en oeuvre du Cadre mondial pour les services climatologiques (CMSC), placé sous la direction de l’OMM, qui vise à améliorer la prestation et l’utilisation des services climatologiques dans le contexte de l’adaptation aux changements climatiques, et dont les priorités sont pour l’heure l’agriculture et la sécurité alimentaire, la gestion des ressources en eau, la santé, la gestion des catastrophes et les environnements urbains. Les travaux porteront notamment sur l’élaboration de programmes de formation en ligne consacrés au CMSC.

Il sera en outre question du développement des activités d’observation et de recherche en vue d’améliorer notre compréhension du système terrestre, en particulier pour ce qui est des interactions entre les océans, les terres émergées, la cryosphère et l’atmosphère, alors que les transformations rapides de la couverture de neige et de glace ont de profondes conséquences sur le reste de la planète.

Le Congrès devrait mettre davantage l’accent sur une approche interdisciplinaire pour répondre aux besoins des zones urbaines, qui représenteront 70 % de la population mondiale d’ici à 2050, et seront exposées à des dangers multiples liés au temps ou à l’eau ainsi qu’à des facteurs de stress environnementaux, notamment la pollution.

Il adoptera aussi le Plan stratégique et le budget sur lesquels reposeront les activités de l’OMM pour la période 2016-2019.

Un large éventail de programmes, portant sur les observations, la recherche, le développement des capacités, les partenariats, ainsi que l’enseignement et la formation professionnelle, seront abordés pendant la session du Congrès.

Par ailleurs, un nouveau programme interinstitutions des Nations Unies à l’intention des femmes dirigeantes sera lancé sur le thème suivant: «Les femmes dans la diplomatie: le rôle de premier plan des femmes dans les domaines de la météorologie et de la climatologie». Il sera aussi question de la participation accrue des jeunes et des scientifiques en début de carrière aux activités de l’OMM.

Le Congrès élira un nouveau Secrétaire général de l’OMM en remplacement de Michel Jarraud, qui se retirera à la fin de 2015 au terme de son troisième mandat. Seront également élus le Président et les Vice-Présidents de l’OMM, ainsi que les membres du Conseil exécutif.

(Interview: Christian Blondin, Directeur de Cabinet du Secrétaire général de l’OMM et du Département des relations extérieures ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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