Le chef de l'humanitaire de l'ONU dénonce l'aggravation de la crise en Syrie

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Résidents dans la ville syrienne de Homs. Photo OCHA/Jutta Hinkkanen

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Stephen O’Brien, a dénoncé mardi devant le Conseil de sécurité l’aggravation de la crise humanitaire en Syrie, où 12,2 millions de personnes ont besoin d’une assistance.

Ces dernières semaines, la violence a connu une escalade supplémentaire, a indiqué M. O’Brien, qui a dénoncé les attaques aveugles et disproportionnées commises par toutes les parties et qui frappent même des quartiers résidentiels, des marchés, des écoles, des hôpitaux et des lieux de cultes.

Selon le chef de l’humanitaire de l’ONU, les combats intenses dans le pays ont entraîné une recrudescence de déplacements de populations. Au total, depuis le début de 2015, plus d’un million de personnes ont dû quitter leur foyer, s’ajoutant aux 7,6 millions de déplacés recensés à la fin de 2014.

Par ailleurs, le nombre de réfugiés enregistrés a atteint début juillet le chiffre record de 4 millions, la plus grande population de réfugiés provoquée par un seul conflit depuis plus d’un quart de siècle.

Le Secrétaire général adjoint s’est également plaint que les parties au conflit continuent d’interrompre l'approvisionnement des services essentiels à la population, signalant notamment des coupures d’eau par des groupes armés non étatiques qui affectent 1,7 million de personnes à Alep. La disponibilité de l’eau s’est vue réduite de moitié dans le pays depuis le début du conflit, ce qui a entrainé l'apparition de maladies comme la diarrhée aigüe, l´hépatite A et la typhoïde.

Stephen O’Brien a expliqué que le conflit en Syrie détruisait progressivement le tissu social et économique du pays: 80% des personnes vivent dans la pauvreté, la population souffre d’insécurité alimentaire et de la dégradation des infrastructures vitales, tandis que les réseaux familiaux et communautaires sont détruits.

Malgré cet environnement difficile, M. O’Brien a salué les mesures prises par l’ONU et les organisations non gouvernementales opérant en Syrie qui continuent à aider des millions de personnes.

Au cours des premiers mois de 2015, elles ont pu fournir une aide alimentaire à 5,8 millions de personnes par mois, ainsi qu’une aide médicale, de l’eau et des articles de première nécessité. Cependant, le chef de l'humanitaire a regretté le manque d’accès à certaines populations et a indiqué que le plan de réponse pour la Syrie n’était encore financé qu’à hauteur de 27%.

(Mise en perspective Jérôme Bernard)

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13/12/2017
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