Il n'y a pas assez de personnels soignants et de moyens financiers pour la santé mentale, selon l'OMS

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Des enfants dans le Nord-Waziristan, au Pakistan, une région où la persistance d'un conflit armé depuis près d'une décennie fait craindre aux psychiatres les effets à long terme sur leur santé mentale. Photo : IRIN / Fakhar Kakahel

Il existe d’énormes inégalités en termes d’accès aux services de santé mentale selon l’endroit où l’on vit dans le monde, indique l’édition 2014 de l’Atlas de la santé mentale, publiée mardi par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Ainsi, il y a moins d’un agent de santé spécialisé pour 100.000 habitants dans les pays à revenu faible ou intermédiaire alors que ce taux est de 1 pour 2.000 dans les pays à revenu élevé.

Le rapport indique que les dépenses mondiales pour la santé mentale sont encore très faibles. Elles représentent moins de 2 dollars par habitant et par an dans les pays à revenu faible ou intermédiaire et plus de 50 dollars dans les pays à revenu élevé. Dans leur majorité, les dépenses sont consacrées aux hôpitaux psychiatriques qui ne desservent qu’une petite proportion de ceux qui ont besoin de soins.

Les pays à revenu élevé ont encore un nombre bien plus grand de lits d’hôpitaux et des taux d’hospitalisation beaucoup plus élevés que les pays à faible revenu, avec 42 lits et 142 admissions pour 100.000 habitants.

La formation du personnel des soins de santé primaires est cruciale pour renforcer les capacités de reconnaître et de traiter les personnes souffrant de troubles mentaux graves et courants. Depuis 2011, le nombre des infirmières travaillant dans le domaine de la santé mentale a augmenté de 35%, mais il y a des pénuries dans toutes les disciplines, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

L’Atlas indique que les pays progressent dans l’instauration de politiques, plans et législations pour la santé mentale, une base solide pour une bonne gouvernance et le développement des services.

Deux tiers des pays ont une politique ou un plan et la moitié ont adopté une loi sur la santé mentale. Pourtant, la plupart des politiques et des législations ne sont pas totalement conformes aux clauses internationales des droits de l’homme, et les personnes atteintes de troubles mentaux et leur famille ne participent que marginalement à leur élaboration.

En 2013, l’OMS a publié le Plan d’action global pour la santé mentale 2013-2020 avec quatre objectifs: parvenir à un leadership et à une gouvernance plus efficaces dans le domaine de la santé mentale; fournir des services de santé mentale et des services de protection sociale complets dans un cadre communautaire; mettre en œuvre des stratégies de promotion et de prévention; et renforcer les systèmes d’information, réunir davantage de données factuelles et développer la recherche.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
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20/10/2017
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