Combattants terroristes étrangers : l’ONU cherche à mieux connaitre leurs motivations pour mieux lutter contre leur propagation

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image : ONU

Les experts du Groupe de travail des Nations Unies sur l’utilisation de mercenaires comme moyen de violer les droits de l’homme et d’empêcher l’exercice du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes se sont réunis jeudi au siège de l’Organisation, à New York, pour faire le point sur le phénomène en augmentation des combattants étrangers.

Fort de cinq experts, le Groupe de travail, qui présentera ses conclusions à l’Assemblée générale de l’ONU en novembre 2015, réalise actuellement une étude sur les raisons qui poussent des individus et leurs familles à devenir des combattants étrangers.

A ce jour, le Groupe a réalisé une mission en Tunisie du 1er au 8 juillet 2015, organisé deux réunions d’experts sur la question et recueilli des informations par le biais d’un questionnaire envoyé à tous les Etats membres de l’ONU, des opérations de maintien de la paix et des bureaux du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

« Nous nous intéressons particulièrement aux motivations des combattants étrangers et à ce qui les lie au mercenariat, aux pratiques de recrutement, ainsi qu’à l’impact des combattants étrangers en terme de droits de l’homme », a déclaré Elzbieta Karska, qui dirige actuellement le Groupe de travail, lors d’une conférence de presse suite à la réunion.

Au cours de cette réunion, les experts sont notamment revenus sur les connaissances acquises à l’occasion de leur mission en Tunisie, où ils se sont entretenus avec les Ministres tunisiens des affaires étrangères, de la défense et de l’intérieur, ainsi que des procureurs, des détenus et des représentants de la société civile.

Le nombre de combattants tunisiens prenant part aux hostilités en Syrie et en Iraq est en effet l’un des plus élevés chez les pays touchés par ce phénomène.

Parmi les facteurs qui expliquent cette tendance, les experts avaient mentionné, suite à leur visite en Tunisie : les idéologies religieuses et politiques, les gains financiers, les conditions économiques et sociales et le fait d’avoir un but et un sentiment d’appartenance.

La majorité des Tunisiens qui voyagent pour rejoindre des groupes extrémistes à l’étranger sont jeunes, souvent âgés de 18 à 35 ans, issus de milieux socio-économiques défavorisés, mais aussi de la classe moyenne et des classes les plus aisées de la société.

Participant également à la conférence de presse au siège de l’ONU, Gabor Rona, l’un des cinq experts du Groupe, a par ailleurs souligné le besoin de disposer de nouveaux instruments pour faire face à ce phénomène.

« Nous avons besoin d’un instrument international juridiquement contraignant », a-t-il déclaré.

Le Groupe de travail a été créé en juillet 2005 pour surveiller les mercenaires et les activités liées au mercenariat.

(Interview : Patrcia Arias, membre du groupe de travail sur l’utilisation des mercenaires; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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13/12/2017
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