Burundi: les enfants toujours victimes de la crise

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Des réfugiés burundais dont de nombreux enfants attendent sur les rives du lac Tanganyika d'être transférés vers un camp de réfugiés. Photo HCR/B. Loyseau

Au Burundi, de nombreux enfants se retrouvent parfois en première ligne lors des manifestations. Et au moins, huit sont tombés sous les balles de la police ou lors d'explosions de grenades depuis le début des contestations fin avril à Bujumbura.  Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) confirme ainsi la mort trois enfants au cours de ces cinq derniers jours.

« L'un de ces trois enfants est décédé suite à l'explosion d'une grenade dans la province orientale de Muyinga, précise le porte-parole de l'UNICEF, Christophe Boulierac. C'est le premier décès d'un enfant en dehors de la capitale ».  Dans ce décompte macabre, la plus jeune victime de ces violences est âgée de quatre ans et a été tuée par une balle perdue dans l'estomac lors de manifestations précédant les élections communales.

« Nous avons également la confirmation d'une seconde attaque à la grenade sur le terrain d'une école lundi 29 juin avant de procéder au vote dans la province de Bururi. Aucun blessé mais les enfants ont fui et auraient, selon nos témoignages, trouvé  des militaires dans leur école à leur retour », fait remarquer l'UNICEF.

Dans ces conditions, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance rappelle que la place des enfants n’est pas dans des manifestations. « C’est la responsabilité des parents, des communautés. Mais c’est aussi la responsabilité particulière des forces de sécurité, qui ont une obligation de protéger les enfants », avertit l'UNICEF.

Il faut juste signaler que plus de 140.000 Burundais ont fui dans les pays voisins, notamment au Rwanda, en République démocratique du Congo et en Tanzanie.

Le Burundi est traversé par une grave crise politique depuis fin avril, quand Pierre Nkurunziza, déjà élu en 2005 et 2010, a officialisé sa candidature à un troisième mandat. Ses opposants jugent la démarche anticonstitutionnelle et contraire à l’accord d’Arusha qui avait permis la fin de la longue guerre civile burundaise (1993-2006).

(Extrait sonore : Christophe Boulierac, porte-parole de l'UNICEF)

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20/10/2017
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